17/03/2017

Ecole : Collaboration pédagogique pour la randonnée reynésienne.

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Les participants à la randonnée organisée ce week-end par la Ronde de Reynés en Vallespir étaient gâtés.

Pour la deuxième année consécutive, le parcours était jalonné de panonceaux plastifiés portant des indications colorées très précises sur les sites remarquables et sur le tracé de l’itinéraire, (rouge le chemin parcouru, jaune le reste du circuit). « Vous avez fait trois kilomètres ! », « Vous êtes au kilomètre huit ! »,

Ces panneaux ont été réalisés par les élèves de l’école élémentaire du Pont de Reynés, dans le cadre de leur projet pédagogique sur le patrimoine et l’environnement.

La collaboration avec l’association organisatrice de la fameuse course leur a permis tout un travail de lecture de carte, d’étude de l’échelle pour l’identification des portions kilométriques, de reproduction de silhouettes par l’utilisation de quadrillages dans le respect des proportions, de dessin de paysages, et de schéma de la boucle informant au fur et à mesure les randonneurs sur le trajet effectué. Aucun risque d’égarement !

Les enfants n’en resteront pas là… Ils étudient sur carte la délimitation de la frontière avec l’Espagne, le cheminement des fleuves du département et préparent une maquette en relief de la vallée du Tech, où figure en bonne place le Canigou… 

15/03/2017

Apprentis vignerons

Consignes avant de se mettre au travail..jpgConcentration pour un geste précis..JPG

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Impressionnant nid de frelons..JPG

Tandis que domaines viticoles et moulins à huile des Pyrénées Orientales se voient attribuer des médailles au cours du Salon International de l’Agriculture de Paris, les écoliers de Reynés poursuivent consciencieusement leur travail de vignerons.

Sac au dos et plein d’énergie, sous un ciel voilé de marinade, ils ont grimpé sur la colline du Ventous jusqu’à leur petite vigne.

Il s’agissait tout d’abord « d’espodassar » (pré-tailler) les ceps puis de tailler avec les « estisores de podar » (sécateurs), tâches réparties entre les différentes classes.

Les élèves du CP-CE de Julie ont pré-taillé, ceux du CM de Danièle la directrice ont effectué la taille, opération particulièrement délicate, sous la houlette des professionnels Jeannot, Jean et Louis. Les enfants de la classe maternelle de Marie la directrice étaient chargés de ramasser les sarments et de faire les fagots en prévision de la grillade de saucisse des vendanges.

Mais cette fois-ci le projet de viticulture élaboré par l’école et reconduit depuis 2004 prenait une nouvelle dimension.

Selon le souhait des élèves, devant le déclin de la vigne et la baisse de rendement provoqué par l’âge des ceps et surtout par la terrible maladie nommée flavescence dorée, des pieds de muscat, carignan et macabeu ont été plantés pour remplacer les « manquants ».

Là aussi secondés par Jean-Marie, Patrick et Jean-Pierre qui ont creusé les trous, les élèves ont tapissé le fond du crottin de Milord, remis la terre préalablement ôtée en commençant par celle qui était dessus, plus riche en éléments nutritifs, et enfin enfoncé les greffons sertis de paraffine rouge pour les protéger du gel.

Arrosés avec l’eau de la pompe du « casot » (petit cabanon) et protégés d’un treillis bleu, les petits ceps deviendront grands pourvu que la nature leur soit clémente.

Arbre symbolique par excellence, un olivier a été également planté, espèce arboricole adaptée au terrain et climat du Ventous.

La journée n’aurait pas été complète sans la lecture et le dessin du paysage.

Vallée de la Ballera, collines de Reynés et sommets jouant à cache-cache avec les nuages, les élèves ont ainsi pu s’approprier leur environnement proche, richesse inestimable que l’équipe pédagogique au complet a pour objectif de faire connaître et aimer à ces écoliers privilégiés.

Attraction inédite, un énorme nid de frelons apporté par Jean qui a magistralement expliqué le fonctionnement de cette curiosité aux enfants déjà sensibilisés depuis la visite à Jean-Jacques l’apiculteur du Vilar.

Il a été ramené à l’école où il sera présenté aux élèves de la classe de Géraldine, que leurs petites jambes n’ont pas permis de prendre part à la sortie.

Les écoliers de Reynés ont beaucoup de chance. Grâce à leurs enseignantes qui leur insufflent motivation et enthousiasme avec des projets porteurs de prolongements pédagogiques infinis, ils apprennent dans l’action, la confiance et la bonne humeur tous les secrets de l’école de la vie.

Petite remarque qui vaut son pesant d’or : après pique-nique et goûter de tout ce petit monde, seules deux enveloppes de biscuit étaient oubliées sur l’herbe. Exemple à suivre

Angèle nous a quittés

 

Angèle Payrot est née le 27 février 1921 à Arles sur Tech au mas du Calciné de parents agriculteurs avant de venir vivre à la Forge de Reynés. Fille unique, elle fut scolarisée à Palalda, l’école la plus proche du domicile.

A onze ans elle apprit la coupe et la couture chez Madame Delos, mais très vite, dès quatorze ans elle accompagna son père sur la charrette tirée par un cheval qui transportait fruits et légumes au marché d’Amélie les Bains.

En 1941 elle épousa Ferdinand Fons de la Cabanasse qui travaillait avec son père dans une entreprise de maçonnerie.

De leur union naîtront Maryse en 1942 et Luc en 1953.

Tandis que se construisait petit à petit la maison familiale « Les Pommiers », Angèle acheta une Simca 5 Break qui remplaça avantageusement la charrette pour le transport de leur production maraîchère.

Durant quarante ans elle vendra ses propres légumes puis ceux du commerce Baqué, entretenant ainsi un lien social essentiel.

Tous ceux qui la connaissaient sont unanimes : elle savait tout faire, la cuisine, la couture, le jardinage, et le faisait bien, en femme d’action qui prenait toujours soin de son apparence.

En 2006, Angèle entre à la maison de retraite de Céret. Ferdinand la rejoindra plus tard.

Toujours aimable, souriante et coquette, mise en plis impeccable et regard pétillant derrière ses lunettes, elle ne laisse que des bons souvenirs. Elle prisait les mathématiques et se révélait imbattable en calcul mental.

On la rencontrait parfois sortant du super marché voisin  avec sa grande amie Alice, de Saint-Jean pla de Corts. Elles portaient, chacune tenant une anse, un panier lourd d’oranges et d’eau minérale indispensable pour Ferdinand. Elle fut très éprouvée par son décès.

C’est une des dernières figures de La forge qui disparaît et avec elle toute une histoire, une vie de labeur, de générosité et de solidarité qui ont fait la force de ce veïnat.