07/05/2017

Premières cerises de Reynés.

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Avec un petit décalage par rapport aux cerises de Céret, mais avec tout de même quinze jours d’avance sur l’an passé, les premiers fruits ont été apportés à la Coopérative La Melba vendredi dernier par Laurent Arnaudiès de can Gane avec huit kilos de burlats magnifiques, cueillis sur les collines du Ventous, gorgés de soleil et de bon air.

La récolte s’annonce excellente, « presque trop, car le calibre reste un peu juste. Quand on aura trié, les cerises pourront grossir. »

Le vent et la pluie  ne les ont pas trop abîmées, et la mouche Suzuki n’a pas encore sévi. « On a fait les traitements règlementaires, mais le risque est toujours là… »

Après le burlat viendront la bigalise, la garnet et d’autres variétés plus tardives jusqu’à la starking pour clôturer la campagne.

Délice du printemps, fleuron du Vallespir, c’est l’incomparable  cerise : « Au sortir de l’hiver, des beaux jours messagère,

 Elle offre des saveurs au goût d’éternité. »

Les Mérens en route pour l’estive de passage à Reynés

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Comme chaque année au printemps, Nathalie Komaroff et ses cavaliers mènent les magnifiques Mérens à travers la chaîne pyrénéenne, en grande partie dans le Parc Naturel des Pyrénées Catalanes, jusqu’à leur résidence d’été à Porté-Puymorens.

Treize chevaux montés et trente cinq poulains sont du voyage, au départ d’Argelés via Amélie les bains, Formentera, Baillestavy, Vernet, Evol, Dores et enfin Porté.

Un périple parsemé d’émotions fortes, d’aventure et de splendides paysages.

Des habitués de longue date mais aussi des nouveaux venus, tous ont en commun la passion des chevaux. Robin, le parisien, vient depuis cinq ans. Laetitia, parisienne elle aussi, alterne monte et intendance. « La Denrée » arrive des Alpes et parle avec enthousiasme « de l’ambiance, la relation avec les chevaux, qui s’affine de jour en jour, l’entraide indispensable, les rapports humains qui se prolongent bien au-delà de l’expérience. »

Philippe, intermittent du spectacle, randonne habituellement avec Véronique qui possède Chiquita, une jument du troupeau. Les belges Pascale et Charles ont « vu un reportage à la télé et ont réalisé leur rêve de cow-boy ». Déjà cavaliers, la monte de travail leur révèle « des objectifs différents » et ils ressentent très fort « l’énergie de la chevauchée en troupeau ».

Evelyne, après dix ans de monte, est dans les coulisses de la transhumance. « Je m’occupe des clôtures, de l’intendance, je prends des photos. Les paysages changent, des fleurs de cerisiers aux genêts d’or, des lacs magiques aux sommets enneigés. »

Bernard vient pour le plaisir mais aussi pour se rendre utile « On a tant d’émotions avec le troupeau ! William du Kentucky nous a fait traverser aujourd’hui cinq fois le Tech qu’il connaît bien. Il sait où passer sans problème.»

Florence relate un accident de parcours : « De Planes à Vall Ter, la tempête faisait rage, il avait neigé et à 2700 mètres il y avait un vent de fou. Mimi et sa voisine hollandaise ont été éjectées du cheval par une violente bourrasque. »

Mimi la marseillaise, qui vient depuis dix ans, petit gabarit sur Praline à la détente rapide, est rabatteuse. Derrière le troupeau, elle poursuit les fugitifs. Elle apprécie la convivialité de l’équipe et organise des jeux à la veillée.

Audrey, la fille de Nathalie, monte depuis…sa naissance. Pour elle, « les amis, les chevaux, les paysages, c’est ça la transhumance. »

Nathalie transhume depuis trente ans, en Ariège puis dans les Pyrénées Orientales. Mais elle a plus d’un…crin à son arc. A Porté elle organise des promenades et des randonnées à cheval, et tient un gîte d’étapes, un gîte à la ferme « La Ferme d’en Garcie » et des chambres d’hôtes.

Elle prépare les repas avec des produits locaux pour faire travailler les agriculteurs du territoire. Pendant que les Princes Noirs goûteront l’herbe des alpages avant de redescendre dans la plaine l’automne prochain.

15/03/2017

Angèle nous a quittés

 

Angèle Payrot est née le 27 février 1921 à Arles sur Tech au mas du Calciné de parents agriculteurs avant de venir vivre à la Forge de Reynés. Fille unique, elle fut scolarisée à Palalda, l’école la plus proche du domicile.

A onze ans elle apprit la coupe et la couture chez Madame Delos, mais très vite, dès quatorze ans elle accompagna son père sur la charrette tirée par un cheval qui transportait fruits et légumes au marché d’Amélie les Bains.

En 1941 elle épousa Ferdinand Fons de la Cabanasse qui travaillait avec son père dans une entreprise de maçonnerie.

De leur union naîtront Maryse en 1942 et Luc en 1953.

Tandis que se construisait petit à petit la maison familiale « Les Pommiers », Angèle acheta une Simca 5 Break qui remplaça avantageusement la charrette pour le transport de leur production maraîchère.

Durant quarante ans elle vendra ses propres légumes puis ceux du commerce Baqué, entretenant ainsi un lien social essentiel.

Tous ceux qui la connaissaient sont unanimes : elle savait tout faire, la cuisine, la couture, le jardinage, et le faisait bien, en femme d’action qui prenait toujours soin de son apparence.

En 2006, Angèle entre à la maison de retraite de Céret. Ferdinand la rejoindra plus tard.

Toujours aimable, souriante et coquette, mise en plis impeccable et regard pétillant derrière ses lunettes, elle ne laisse que des bons souvenirs. Elle prisait les mathématiques et se révélait imbattable en calcul mental.

On la rencontrait parfois sortant du super marché voisin  avec sa grande amie Alice, de Saint-Jean pla de Corts. Elles portaient, chacune tenant une anse, un panier lourd d’oranges et d’eau minérale indispensable pour Ferdinand. Elle fut très éprouvée par son décès.

C’est une des dernières figures de La forge qui disparaît et avec elle toute une histoire, une vie de labeur, de générosité et de solidarité qui ont fait la force de ce veïnat.