04/03/2016

Le chantier du soleil

Reynésien d’adoption, Jean-Jacques Serra est un spécialiste de l’énergie solaire puisque sa carrière s’est déroulée à Odeillo où il était directeur du four solaire militaire.

Il présente de nombreuses conférences sur ce sujet, comme à Reynés en 2014 ou à Faro, au Portugal pour le Congrés Consolfood  sur la cuisine solaire en janvier dernier.

C’est donc avec passion qu’il participe en tant que membre de la commission scientifique à la reconstruction du four solaire de Sorède avec l’Association « Les Amis du Padre Himalaya ». Ce savant portugais de grande taille, d’où son nom, implanta le premier four solaire (à l’échelle industrielle) jamais réalisé dans le monde, durant l’été 1900 au Coll del Buc, près du château d’Ultrera. Après quelques mois d’expériences, il déménagea son matériel pour continuer son travail dans la région parisienne puis aux Etats-Unis.

Mais son souvenir est toujours présent dans la mémoire de Sorède, et les restes de la plateforme expérimentale ainsi que la piste en ciment qui supportait le rail circulaire sont encore visibles sur le site.

A la suite d’un voyage sur les traces du Padre Himalaya au Portugal, l’association vit le jour, en octobre 2005 et l’année suivante le projet prenait forme.

Une réplique du four est en cours d’installation au mas del Ca d’après le modèle réduit qu’Amand Darbon, professeur de physique a réalisé à partir de photos et des vestiges de la plate-forme  conservée.

Dès juin 2015, un immense travail de meccano a permis d’assembler les pièces fabriquées par une entreprise de l’Ain et le résultat a pris forme. Malgré le retard dû à la météorologie capricieuse, les 260 miroirs sont en cours de réglage par  des techniciens perchés sur des échelles, des lunettes de protection sur les yeux.

Chaque miroir est une facette conique d’un inox spécial pour lutter contre la salinité venue de la mer toute proche. Le suivi du soleil est effectué grâce à deux manettes permettant la rotation du four sur le rail circulaire de cinq mètres cinquante et le pointage en hauteur au moyen d’un treuil. Une bulle de lumière au centre d’une cible sert de repère pour affiner le réglage en fonction de la « course » du soleil.

Lorsque le four sera opérationnel, à l’été 2016, vingt kilowatts de lumière arriveront sur le foyer et la température obtenue avoisinera les 2000 degrés, de quoi faire fondre plomb, zinc, fer ou verre.

Jean-Jacques explique : « Le projet a un but avant tout pédagogique puisque le site sera  aménagé et ouvert pour 80% aux visites scolaires et au public. Il servira ensuite à la recherche en partenariat avec l’Université et les Ecoles d’Ingénieurs. Des travaux sont également  prévus avec des artisans (fonderies, verrerie de Palau del Vidre, fabrication de fer avec du minerai fondu…) Et bien sûr, promouvoir les énergies renouvelables. »

De nombreux bénévoles aident les membres actifs de l’association, outre Jean-Jacques et Amand, Jean-Marc Ronflard, ancien ingénieur de SOCOTEC, Antoine Sanchez, président des « Amis du Padre Himalaya » et René Le Gal, vice-président, qui se retrouvent régulièrement pour finaliser ce projet fantastique dans une ambiance conviviale et devant un panorama à couper le souffle…

 

 

 Les bénévoles de l'association.jpgJean-Jacques Serra.JPG

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