09/04/2016

Conférence sur les fêtes de l’ours du Vallespir

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Invité par Reynés Patrimoine Culturel, Robert Bosch est un passionné … passionnant. Réfractaire au micro, il parle clair et sa voix sonore dit son habitude d’Agrégé de Chimie qui sait captiver ses auditeurs de la première à la dernière minute.

Sa conférence sur les Fêtes de l’Ours du Vallespir retrace l’historique et la symbolique de cette tradition millénaire qui plonge ses racines dans l’imaginaire du Moyen-âge et les mythes fondateurs de la Grèce Antique. Survivances d’anciens rites païens, La Belle et la Bête, Jean de l’Ours, autant de représentations du même thème de métamorphose et d’hybridation entre la femme et l’ours.

La Fête de l’Ours était jadis célébrée dans de nombreux villages du Vallespir ainsi que dans d’autres régions et d’autres pays, avec plus ou moins de prestige et de fortune. Seules persistent en Catalogne Nord celles d’Arles, de Prats de Mollo et de Saint-Laurent de Cerdans qui forment un ensemble cohérent, inscrites à l’Inventaire Culturel Immatériel  National et candidates à l’UNESCO.

Après quelques épisodes confus d’effacement de la tradition, de déplacement en période estivale, d’antagonisme entre les communes rivales, Robert Bosch a participé activement à la relance de ces fêtes et à leur réunification vallespirienne. Ce travail considérable a abouti à un livre « Fêtes de l’Ours en Vallespir » récompensé par le Grand Prix du Livre Pyrénéen 2013.

Les trois villages ont leur spécificité liée à l’histoire locale. A Arles sur Tech, un trappeur venu du Canada doit protéger sa compagne Roseta contre les assauts la « mala bestia ».

 A Prats de Mollo la chasse débute au Fort Lagarde après la passation de la patte d’ours accompagnée du contrepas.

A Saint-Laurent de Cerdans, l’ours doit affronter le Gamarús, hulotte aux pouvoirs occultes, tandis que la Monaca, personnage emblématique à corps double évoque le temps cyclique de l’Eternel Retour.

Les trois entités ont également créé leur fête de l’ours pour les jeunes, préparant ainsi la relève.

Ces fêtes obéissent toutes à des fondamentaux historiques et cultuels d’identification, avec trois phases identiques. Un homme se déguise en ours, grimé d’un mélange de suie et d’huile. Il a été choisi parmi d’autres selon des critères sociaux et psychologiques. Ensuite vient la métamorphose. Il devient bête et suivant ses pulsions ursines, il poursuit les jeunes filles potentiellement fécondes, en écartant ses rivaux. Et enfin, lorsqu’il a rempli ses fonctions, il est rasé à la hache et redevient humain. L’ours obtient alors un statut supérieur. De paria, il accède à un rang élevé dans la hiérarchie sociale.

 Après la projection d’un diaporama, les nombreux spectateurs séduits par les propos du conférencier, ont prolongé la séance pour des précisions, des commentaires, des questions auxquelles Robert Bosch a répondu avec son enthousiasme habituel.

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