09/04/2016

Conférence sur les fêtes de l’ours du Vallespir

IMG_0798.jpgIMG_0815.jpg

Invité par Reynés Patrimoine Culturel, Robert Bosch est un passionné … passionnant. Réfractaire au micro, il parle clair et sa voix sonore dit son habitude d’Agrégé de Chimie qui sait captiver ses auditeurs de la première à la dernière minute.

Sa conférence sur les Fêtes de l’Ours du Vallespir retrace l’historique et la symbolique de cette tradition millénaire qui plonge ses racines dans l’imaginaire du Moyen-âge et les mythes fondateurs de la Grèce Antique. Survivances d’anciens rites païens, La Belle et la Bête, Jean de l’Ours, autant de représentations du même thème de métamorphose et d’hybridation entre la femme et l’ours.

La Fête de l’Ours était jadis célébrée dans de nombreux villages du Vallespir ainsi que dans d’autres régions et d’autres pays, avec plus ou moins de prestige et de fortune. Seules persistent en Catalogne Nord celles d’Arles, de Prats de Mollo et de Saint-Laurent de Cerdans qui forment un ensemble cohérent, inscrites à l’Inventaire Culturel Immatériel  National et candidates à l’UNESCO.

Après quelques épisodes confus d’effacement de la tradition, de déplacement en période estivale, d’antagonisme entre les communes rivales, Robert Bosch a participé activement à la relance de ces fêtes et à leur réunification vallespirienne. Ce travail considérable a abouti à un livre « Fêtes de l’Ours en Vallespir » récompensé par le Grand Prix du Livre Pyrénéen 2013.

Les trois villages ont leur spécificité liée à l’histoire locale. A Arles sur Tech, un trappeur venu du Canada doit protéger sa compagne Roseta contre les assauts la « mala bestia ».

 A Prats de Mollo la chasse débute au Fort Lagarde après la passation de la patte d’ours accompagnée du contrepas.

A Saint-Laurent de Cerdans, l’ours doit affronter le Gamarús, hulotte aux pouvoirs occultes, tandis que la Monaca, personnage emblématique à corps double évoque le temps cyclique de l’Eternel Retour.

Les trois entités ont également créé leur fête de l’ours pour les jeunes, préparant ainsi la relève.

Ces fêtes obéissent toutes à des fondamentaux historiques et cultuels d’identification, avec trois phases identiques. Un homme se déguise en ours, grimé d’un mélange de suie et d’huile. Il a été choisi parmi d’autres selon des critères sociaux et psychologiques. Ensuite vient la métamorphose. Il devient bête et suivant ses pulsions ursines, il poursuit les jeunes filles potentiellement fécondes, en écartant ses rivaux. Et enfin, lorsqu’il a rempli ses fonctions, il est rasé à la hache et redevient humain. L’ours obtient alors un statut supérieur. De paria, il accède à un rang élevé dans la hiérarchie sociale.

 Après la projection d’un diaporama, les nombreux spectateurs séduits par les propos du conférencier, ont prolongé la séance pour des précisions, des commentaires, des questions auxquelles Robert Bosch a répondu avec son enthousiasme habituel.

03/04/2016

Alerte à l’ours levée.

C'était bien sûr un "poisson d'avril"l'ours 16 mars 2016 (8).JPG!

La peau n’a pas été vendue, elle a juste réintégré sa tanière à Saint-Laurent de Cerdans où Didier la rangera précieusement jusqu’à la prochaine fête en février 2017.

Alerte à l’ours !

l'ours.jpg

Dans la soirée de mercredi 30 mars, un apiculteur de Reynés a eu une désagréable surprise en arrivant à son rucher. Croyant tout d’abord de loin à un voleur de ruches, il s’est vite rendu compte qu’il s’agissait d’un ours brun de grande taille.

Complètement abasourdi, son premier réflexe  a été de rebrousser chemin aussi discrètement que possible pour se mettre à l’abri dans son véhicule.

Ruches renversées, cadres éparpillés, les dégâts sont considérables.

 Il a aussitôt appelé la « Garderie », service de la Fédération de Chasse, pour signaler la présence de la bête sauvage et indiquer sa localisation précise.

Ayant sûrement décelé une présence humaine, l’animal s’est évaporé dans la nature.

Jean-Jacques raconte : « Sur le coup, je n’en croyais pas mes yeux, mais j’ai vite réalisé le danger qu’il y avait à m’attarder, ces animaux ont une force terrible et peuvent attaquer s’ils se sentent menacés. Ma famille et mes amis ne me  croyaient pas et pourtant je n’ai pas rêvé. »

Après le varroa et le frelon asiatique, c’est une nouvelle menace pour les abeilles. Dans certaines régions des Pyrénées des subventions sont accordées aux apiculteurs qui installent des barrières protectrices pour éviter que les ours ne s’approchent des ruches.

Le Vallespir n’est donc plus à l’abri s’ils se hasardent aussi bas, menaçant la population.

L’Office National de la Chasse a pris des mesures pour pister l’animal qui pour l’instant n’a pas été localisé.

La Gendarmerie conseille aux randonneurs, aux pêcheurs et autres usagers d’être vigilants.

 Merci de signaler tout indice probant à la mairie de votre commune.