19/05/2016

Les premières cerises à Reynés

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Après quelques jours de décalage par rapport à Céret, les premières cerises de Reynés sont arrivées à maturité.

Les cueilleurs sont assez réservés quant à l’évaluation de la récolte, qui sera malgré tout plus faible en quantité, tout en gardant une qualité gustative appréciable.

Marcel cueille des burlats qui ont subi les dernières averses et qu’il faut trier. Pour lui, « l’hiver doux n’a pas permis le repos végétatif des arbres et une mauvaise pollinisation donne des fruits mal formés, fragiles, qui se détachent et tombent. »

Serge a commencé la cueillette avec ses saisonniers venus des quatre coins de la planète : normand, argentins, laotiens et thaïlandais. Ils abordent le moment délicat puisqu’il s’agit de choisir uniquement les cerises mûres sur les bouquets. Il est satisfait de sa récolte, « mes vergers sont soumis à des conditions hivernales plus rigoureuses et j’utilise  des ruches et des variétés d’arbres pollinisatrices, tels le hâtive de Bâle ». D’après lui, « les critères pour le choix des amateurs de cerises  sont le brillant du fruit, ensuite le calibre et enfin le goût. »

Jeannot cueille lui aussi des burlats rive droite de la Vallera, « moins crevés que sur le haut du Ventous où le vent les a abîmés et où les oiseaux ont sévi davantage». Mais la récolte n’est pas vraiment en avance. « Mon père de retour de la guerre, en mai 1945, est arrivé pour la fin de la récolte ! Là, ce n’est que le début.» Son fils Laurent espère que « le temps se maintiendra pour les cerises tardives comme la Summit, qui abonde davantage. » Des variétés anciennes, il ne leur reste qu’un bigarreau rouge greffé et un bigarreau noir enfoui dans les broussailles.

Françoise dans son verger de quarante ans d’âge environ grimpe sur les échelles et utilise le « gancho » (crochet) pour cueillir les burlats. Elle aussi subit les conséquences du « mauvais temps à la floraison pour les starkings et les folferts. »

 Malgré les soins méticuleux apportés à ses jeunes cerisiers, André et ses cueilleurs doivent « nettoyer » les arbres, enlever les fruits crevés. Burlats, célestes, bélises ou earlises encore vertes, toutes les variétés sont touchées. Est-ce l’exposition de la propriété, non loin des berges du Tech, qui entretient l’humidité ? « C’est la première fois que je vois ça » explique une cueilleuse en jetant des fruits par terre. « En plus, on ne peut pas les manger toutes, même si elles sont bonnes ! »

Et voilà, contre vents et merles, pluies et brouillards, elles sont toujours aussi délicieuses les cerises de Reynés, et c’est le moment d’en profiter, car elles ne durent que « le temps des cerises ».

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