11/07/2016

Dans les coulisses des Angelets du Vallespir

 

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L'aleta du pilar.JPG

Clémentine, Maely, Cindelle et Anastasia au repos..JPG

L’entraînement

Les reynésiens Marcel Juanchich et Maxime Boisset arrivent avec les autres castellers petits et grands, jeunes et moins jeunes, au Paller, rue du château à Saint-Jean pla de Corts.

Salutations amicales, embrassades, le travail peut commencer.

Après l’échauffement de début de séance, étirements, sauts, pompes… les membres de la colla s’entraînent aux barres parallèles fichées sur le mur.

Ceux qui doivent monter se déchaussent et tous ceignent la « faixa ». Cette longue ceinture de flanelle est d’une grande utilité dans le fonctionnement du castell. Il faut être deux pour la mettre : l’un qui tient une extrémité tandis que l’autre tourne sur lui-même pour l’enrouler bien serrée autour des reins. Il ne reste plus qu’à tirebouchonner le reste du tissu en « boudin » sur lequel les orteils des grimpeurs viendront s’agripper pour faciliter l’escalade.

Tout le monde est prêt, on passe aux choses sérieuses. Les porteurs glissent le col de la chemise entre les dents pour qu’elle tienne bien en place.

Le silence se fait autour de la colla concentrée sur l’élévation du castell, regards et mains levés vers celui qui se hisse, telle une araignée progressant à des hauteurs impressionnantes.

Seuls quelques cris de jeunes enfants courant pieds nus dans la salle ponctuent les ordres donnés en catalan par Carles, cap de colla: « baixos preparats ? », « primer cordó », « primeres mans », « agulla », « laterals » « segons, pujeu ! » …

Parfois une grimace fugitive déforme un visage lorsque les grimpeurs s’accrochent aux jambes,  aux épaules ou aux cheveux protégés parfois par un foulard rouge.

Pour le « pilar » ou la « torre », figures particulièrement délicates, un filet est tendu à travers la salle. Muni d’une ou deux ouvertures pour le passage des castellers, il assure la sécurité des derniers « étages ».

 

Ce qu’ils en pensent.

 Chacun est conscient que de son application aux gestes et attitudes requis dépend l’harmonie de l’ensemble. Un mouvement brusque, une perte d’équilibre peuvent faire s’écrouler le castell.

Lucie, onze ans, n’a pas le vertige. «On apprend les règles. On est une grande famille, on rencontre d’autres groupes, on fait des repas… » Nùria, sept ans, est très émue en enfilant son casque pour la première fois. Inès, huit ans, a le vertige. Elle ne monte qu’au premier étage. Pauline, seize ans, débutante : «  On est tous unis, on apprend la confiance en soi, la maîtrise, parce qu’on a des petits sur le dos. » Kevin, trente ans, nouveau venu, s’essaie à l’escalade aux barres et se rend compte de la difficulté. Clémentine, quatre ans est « enxaneta.» Une fois tout en haut, elle lève la main droite pour faire « l’aleta. » « Pour descendre, on met le genou sur l’épaule et on se laisse glisser » explique-t-elle. Marie-Sixtine, seize ans, vient depuis dix ans. « Je fais d’autres sports mais là, les sensations sont différentes. » Cathy et Laura, « caps de maïnada », guident les enfants. « C’est un vrai plaisir, il règne un esprit de famille. C’est physique. » « Et mental !» ajoute Lucie.

Marcel, soixante dix ans est depuis les débuts de la colla à la base du castell. Il porte les segons. « On est responsable de soi-même, mais aussi des autres, pour la construction du castell ou la descente. Il faut rester concentrés jusqu’au bout. »

 Maxime, cinquante sept ans, lui aussi à la « pinya », précise : « C'est un monde très riche. Il y a l'aspect technique de construction des castells, qui est toute une science, et l'aspect humain, avec des moments intenses. C'est une activité où la coopération prime largement sur la concurrence, ce qui n'est pas si courant. Les enfants apprennent à s'entraider et à dépasser leurs limites. Ils nouent des relations très fortes entre eux. C'est aussi une voie d'accès vers la culture catalane. »

Tous unanimement louent la cohésion et la convivialité qui règnent au sein de l’équipe composée d’environ soixante quinze adhérents.

 

Historique

Cette tradition des castells trouve son origine dans le ball dels Valencians, ou moixerenga. Elle s’est répandue dans toute la Catalogne, aux Baléares et jusqu’en Chine ou en Amérique.

Les « Angelets du Vallespir » ont fêté leurs quatorze ans d’existence. Lors de leur « baptême », parrainés par les « Nens del Vendrell » et les « Castellers del Riberal » de Baho, en 2002, la couleur bleue a été attribuée pour la chemise, portée avec un pantalon blanc et la « faixa » noire.

Ils sont intervenus l’année dernière à l’école du Pont de Reynés et ont participé à la fête des NAP. Grâce à leurs représentations toujours spectaculaires, Marcel et Maxime espèrent donner envie aux jeunes de rentrer dans la colla et de se lancer dans l’aventure.

 

Agenda

Les prochaines prestations des Angelets du Vallespir, accompagnés par Marie-Jo au « tabal » et Romain à la « gralla », instruments traditionnels qui scandent l’évolution du castell, auront lieu le 17 Juillet pour la féria de Céret et le 31 juillet pour la fête de « l’espardenya » à Saint Laurent de Cerdans.

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