27/07/2016

Carnet de deuil

 

Thérèse Baset est née à Céret le 8 avril 1927. Ses parents et leurs quatre enfants s’installèrent plus tard à La Bastide où elle allait à l’école.

De lourdes épreuves  endeuillèrent la famille avec la perte de leur père alors que Thérèse avait six ans et la  disparition tragique de deux soeurs.

A quatorze ans elle entra dans le monde du travail, à Céret  puis à Perpignan.

En 1947 elle épousa Joseph Delos, du mas “Patau”, nom familier qui fut attribué comme surnom de reconnaissance à tous les membres de la famille, y compris les descendants, habitude courante à cette époque.

Ils s’installèrent à Canadeils, Joseph étant employé à la mine de talc de Reynés puis à la papèterie d’Amélie les Bains. Thérèse s’occupait méticuleusement de la maison, du jardin potager et surtout de leurs cinq enfants, quatre filles et un garçon, prenant en charge également les deux enfants de sa fille aînée.

Très active, elle aimait parler avec les gens qu’elle rencontrait au cours des animations du Club de l’Amitié de Reynés mais aussi de Céret et de Saint-Jean, participant aux rifles, parties de cartes, sorties... Le marché du samedi à Céret était une occasion de revoir amis et connaissances pour échanger les nouvelles.  Elle communiquait même avec de jeunes wolfers américains en séjour à can Guillet qui ne parlaient pas un mot de français. “On se débrouille!” répondait-elle à ceux qui s’en étonnaient.

Vivant à l’orée des forêts de chênes et de châtaigniers, la cueillette des champignons n’avait pas de secret pour elle qui connaissait bien les “claps”.

Très gourmande, elle aimait manger au restaurant et cuisiner pour régaler sa famille, ses neuf petits-enfants et sept arrière-petits-enfants.

Toujours coquette, elle soignait son apparence et quelques jours avant son départ, accompagnée par ses filles, s’acheta une nouvelle robe au marché de Saint-Laurent, car elle conservait l’espoir de guérir.

En séjour au centre Vallespir du Boulou depuis un mois et demi, elle demeura lucide jusqu’aux derniers instants, gérant ses comptes et jouant au scrabble avec ses amies.

Nous ne reverrons plus la haute stature de Thérèse, Dame de Canadeils, mais son souvenir restera dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connue. 

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