10/08/2016

Carnet de deuil

 

C’est une nouvelle page de l’histoire de Reynés qui se tourne avec la disparition de Marie-Thérèse Bordet née Font. Reynésienne de souche, elle vit le jour en juillet 1921 à la Forge où elle vécut dans la Casa Pairal jusqu’à son dernier souffle.

Avec d’autres élèves de son quartier, elle se rendait à l’école du Village à pied, hiver comme été, par le Serrat Cantaire.

Ayant perdu sa mère à quatorze ans elle a été embauchée à la papèterie tout en assumant en plus la charge du travail de la maison pour son père et ses trois frères.

Elle connut plus tard Fernand Bordet, natif de Sète, venu habiter à Reynés car sa maman était nommée garde-barrière au passage à niveau de la Forge et ils se marièrent en l’église Saint-Vincent. Elle formait avec lui un couple très uni, partageant travail et loisirs, gravissant ensemble les échelons hiérarchiques de la papèterie pour devenir contremaîtresse et conducteur de machine à papier.

Ensemble ils ont construit leur vie au veïnat de la Forge avec leur fille Michèle puis avec Jean et Isabelle leur petite-fille qui garde toujours en mémoire le parfum du chocolat chaud cuit par sa grand-mère sur la cuisinière à bois.

Très pratiquante, Mité, ainsi qu’on la nommait, ne manquait jamais les fêtes votives de Reynés et appréciait les voyages à Lourdes, Lisieux et bien d’autres destinations.

Cette vie de labeur était rythmée de plaisirs simples, comme aller dès sept heures du matin chercher le journal, cultiver ses magnifiques géraniums, passion transmise à sa fille, nourrir la basse-cour, gratter la terre du jardin pour enlever l’herbe, accourir avec ses voisines Justine, Henriette et Marie au coup de klaxon du camion d’Alain Puntunet pour faire quelques achats et surtout échanger les nouvelles.

Malgré son grand âge elle restait active, coupant en petits morceaux les épluchures pour les lapins, assise sous la glycine, jusqu’à ses derniers jours où la maladie eut raison de sa résistance et de son courage.

Nul doute que le hameau de la Forge résonnera longtemps de la voix cristalline de Mité Bordet, belle figure reynésienne.   

Les commentaires sont fermés.