30/11/2016

Dans la chaleur du four solaire

Le groupe devant les 260 miroirs du four..jpg

Nouvelle sortie exceptionnelle organisée par Reynés-Patrimoine Culturel qui a mené un groupe important et passionné sur un site extraordinaire : le Four Solaire de Sorède.

La journée a commencé sous la conduite de Christian Sola qui à partir de la carte géologique des Pyrénées Orientales de Salvayre a déterminé les caractères du secteur sorédien du massif des Albères formé de gneiss, de filons de quartz et de micaschistes. Marcel Juanchich a pris le relais pour une découverte de la flore aux alentours du mas del Ca : l’alzina (chêne vert) très répandue sur le piémont des Albères, l’orme, malade depuis que des caisses de munitions débarquées en 1940-45 ont propagé un champignon nommé graphiose, l’euphorbe « lleteresa » d’où suinte un suc laiteux toxique, la chicorée viminea, comestible en salade, la salsepareille accrocheuse, le nombril de Vénus et son pouvoir de soigner les plaies par contact, l’alaterne et son liseré doré, la cantharide qui produit une poussière aphrodisiaque dont l’abus a été funeste au roi Louis XV…

Mais le but principal de la sortie était la visite du Four Solaire du Padre Himalaya, savant portugais précurseur des énergies renouvelables.

Le soleil perçant les nuages a permis de réaliser des expériences surprenantes, une baguette de bois brûlée par le rayonnement à travers le verre d’un ballon plein d’eau, une autre grâce à une parabole aux miroirs multiples, une lampe et un ventilateur alimentés par un panneau de cellules photovoltaïques… Et bien sûr, le « clou du spectacle », la fusion de métaux dans le creuset du grand four capable d’atteindre 1500°, réalisé par « Les Amis du Padre Himalaya » à l’identique de celui construit en 1900 au coll del Buc, près du château d’Ultrera : une canette en alu liquéfiée en quelques secondes, du plomb fondu puis coulé dans des moules à lingots. Seul le minerai de fer de Batère n’a pu être fondu, un voile de nuages se glissant malencontreusement devant le soleil. Mais ce n’est que partie remise… Cette prodigieuse réalisation, fruit d’une véritable aventure, outre son indéniable intérêt patrimonial, a vocation touristique mais aussi pédagogique, scientifique et industrielle, en collaboration avec le CNRS et l’école d’ingénieurs SUPENR et à travers des projets concrets de partenariat avec des entreprises locales.

Les commentaires sont fermés.