22/12/2016

Eodianoïa

Mathias Lang, Alex Escudero, Enzo Gomez, Darius Kiany et Lucas Ricort.jpg

Eodianoïa, « l’émergence de la pensée » est une nouvelle association créée par des jeunes de Reynés. Malgré la difficulté de prononciation, le nom d’origine grecque recouvre des idées et des images très concrètes puisqu’il s’agit de porter des projets audiovisuels en rapport avec la culture, le patrimoine local et la langue et la culture catalane.

Vous souhaitez promouvoir une association, un évènement de manière originale et attractive, réaliser un reportage, un documentaire, un film promotionnel pour une fête locale, une conférence ou un spectacle, Eodianoä est le partenaire idéal.

Courts ou longs métrages tournés dans les décors magnifiques qu’offrent le Vallespir et le département, ils utilisent ensuite le support informatique pour produire des DVD disponibles à la vente.

Au bureau, mis en place en juillet, Mathias Lang est le président de l’association, Alexandre Escudero le secrétaire et Alexandre Delort, de Céret, le trésorier. Ils ont déjà œuvré pour des manifestations d’envergure, comme le forum des associations de Reynés, Aravia au lac de Saint-Jean, Echo Festival de Céret, la Festa Catalana d’Arles sur Tech, et monté en DVD le très beau film réalisé par l’association « Reynés Patrimoine Culturel » : « Reynés au cœur du Vallespir », présenté à la mairie lors de la réception des nouveaux arrivants. Vous pouvez vous le procurer au prix de 10 € à l’adresse de l’association eodianoia@gmail.com 

Filtres plantés à Reynés

filtres plantés au mas du Bac.JPG

Une technique révolutionnaire est en passe de reléguer les anciens égouts aux oubliettes. Adoptée par de nombreuses communes, la station d’épuration des eaux usées à lits plantés de roseaux gagne du terrain, tant les avantages sont évidents. Celle de la mairie de Reynés est à l’étude pour une réalisation au village.

Cette technique est parfaitement exploitable également pour les particuliers et les maisons individuelles. A Taillet, pratiquement toutes les fermes et maisons isolées en sont pourvues.  A Reynés, c’est le cas au mas du Bac, où la famille Lang vient de finaliser l’installation, constituée d’un bac dégraisseur, de deux étages de filtres et d’un drain.

Dans le premier filtre à écoulement vertical, les effluents s’enfoncent avant de rejoindre le second filtre où l’eau circule horizontalement et s’évacue dans le drain.

Les « bassins » filtreurs sont constitués de cailloux, graviers et pouzzolane sur un fond en géotextile. Ils sont plantés de roseaux et de divers végétaux aquatiques, plancton, sauge, menthe, massette…

Le principe utilise la faculté des micro-organismes, ces bactéries proliférant en milieu humide, à se nourrir des matières dont sont chargées les eaux usées et à les transformer en molécules inoffensives.

Pourquoi les roseaux ? Ces plantes disposent d’un système racinaire très dense dans lequel croissent de grandes populations de bactéries consommatrices de matières rejetées par l’eau. Eté comme hiver les rhizomes poussent et assurent le fonctionnement permanent de la station d’épuration.

Les avantages de ce procédé sont multiples. L’impact visuel végétal, agréable, s’intègre parfaitement au paysage. L’emprise au sol ne requiert que 1,50m2 à 2m2 par équivalent habitant. Sans nuisance sonore ou olfactive, sans problème de stockage et de traitement des boues, les performances épuratoires dépassent celles des stations d’épuration classiques avec un niveau supérieur à 90%.

L’entretien réduit de l’installation consistant à faucher régulièrement la parcelle et à s’assurer que les lits filtrants ne sont pas colmatés et la quantité énergétique minimale utilisée en font un procédé économique, écologique et performant.

Atout non négligeable : l’eau n’étant jamais en surface, le milieu n’est donc pas favorable à la prolifération des moustiques. 

Les plantes et nous, avec Joan Valles.

Joan Valles et son auditoire.JPG

Joan Valles nous parle des meilleurs oignons, ceux de Figueres, des meilleures cerises, celles de Céret, de la farigola et de la maria-lluisa, du topinambour et du coscoll, des tomates du Vésuve et du ratafia…

En français mâtiné d’accent de l’Emporda et avec beaucoup d’humour, le catalan de Figueres captive les nombreux auditeurs en dissertant sur la signification de l’ethnobotanique, née de la coopération entre l’ethnologie et la botanique. Jacques Barrau disait : « Inutile d’étudier les plantes sans étudier les hommes. »

Derrière ce mot savant se cachent tout un savoir et un savoir faire ancestraux basés sur les connaissances de la population qui transmet des méthodes de recherche et d’utilisation de la nature à sa portée pour l’alimentation, la médecine ou la confection d’objets divers.

Joan Valles a mené de nombreuses enquêtes et interviews donnant la parole au peuple, ce qui lui a permis de recenser cinq cent vingt trois espèces végétales de l’Alt Emporda, avec une nette inclination pour son informatrice Georgette Payrot du Perthus qui en a recensé à elle seule cent vingt quatre et lui a dévoilé tous ses secrets culinaires ou médicinaux.

Un Prix Nobel d’ethnobotanique a été décerné en 2015 à la chinoise Youyou Tu pour la mise au point d’un traitement contre le paludisme grâce à un extrait de l’artemisia annua (armoise annuelle), dont les vertus médicinales sont connues en Chine depuis des millénaires.

L’objectif de l’ethnobotanique de terroir est de réaliser un catalogue des noms populaires, de faire l’inventaire du patrimoine végétal en collaboration avec la banque de données de biodiversité de Catalogne, de participer à des revues et de proposer des publications.

La discussion d’après conférence a mis l’accent sur les effets  de la pollution sur les végétaux, la disparition et la préservation des espèces, les ravages causés par la collecte massive incontrôlée, la culture éventuelle de certaines plantes afin d’assurer leur survie.

Reynés Patrimoine Culturel a une fois de plus offert un très bon moment aux auditeurs en compagnie de Joan Valles.

Le quinze janvier se tiendra l’assemblée générale de l’association suivie du repas habituel, le quatre mars une nouvelle conférence sur les fleuves par Gustave Cauwet et le vingt trois avril une sortie botanique et géologique au Molinot à Arles sur Tech.