24/10/2017

Espinavell, le dernier voyage

 

Robert Crémadeils est né à Perpignan le 19 août 1955 au foyer d’Annie et de Raymond Crémadeils employés à la papèterie d’Amélie les Bains. Son enfance fut partagée entre leur domicile de Can Day et la maison des grands-parents à Céret où Robert s’installera des années plus tard.

Après son apprentissage de menuisier il travailla dans des entreprises d’Elne, avant de reprendre  l’atelier de Joseph Payrot rue de la Fusterie à Céret.

De son mariage avec Thérèse Borreil naîtra Jérôme qui choisit lui aussi le travail du bois, guidé naturellement par son père.

Robert était une « force de la nature » capable de manipuler seul les lourds plateaux de chêne nécessaires à son ouvrage.

D’un caractère entier, il avait son franc parler et ses jugements étaient souvent sans appel, mais il ne souffrait ni l’hypocrisie ni la compromission.

Il mettait de la passion dans tout ce qu’il entreprenait, surmontant tous les obstacles, tous les défis pour arriver à la perfection, et avait acquis la confiance absolue de tous ses clients.

Très sociable, curieux de tout, il pouvait mener une discussion quel que soit son interlocuteur, ses connaissances lui permettant des avis éclairés sur des sujets divers, avec toujours le mot pour rire.

Inconditionnel de corridas, il était de toutes les férias dans le midi, où il menait bon train, restant sobre le reste du temps.

Ancien chasseur, amoureux de la nature, elle n’avait pas de secret pour lui. Plantes, oiseaux, animaux de la campagne, territoires du Vallespir, il connaissait tout et aimait partager son savoir. Profondément catalan, il s’intéressait aux traditions anciennes, aux métiers disparus et aux vieux outils qu’il chinait dans les vide-grenier et les foires artisanales. Il était très fier de sa collection de cloches, unique, que les passants admiraient.

Ayant acquis la propriété de Jacques Barot sur la colline du Ventous à Reynés, il en fit le domaine de sa jument Fany, de Milord et de Mistral le poulain. Il y installa ensuite des abeilles, sa nouvelle passion. Devenu apiculteur, il fabriquait lui-même ses ruches et assurait la vente du miel à l’atelier.

Avant de succomber, malgré sa résistance, à la terrible maladie que chacun redoute, il a tenu à se rendre, comme chaque année, à la Tria d’Espinavell avec son fils. Cela aura été son dernier bonheur.

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