30/11/2017

Vestiges du temps passé

9 nov 2017 chemin de la Copa nettoyage (3).JPG

Lors des matinées de prospection pour retrouver les anciens chemins transfrontaliers de Reynés à Maçanet de Cabrenys, l’équipe bénévole des défricheurs découvre au hasard des sentiers des témoignages du temps passé. Une « resclosa » (ouvrage dans un cours d’eau) vers can Nie, des murettes d’antiques terrasses cultivées, des places « carboneres » (charbonnières), une ruine recouverte de lierre…

Entre l’Avella et le mas Nou, le chemin présente les caractéristiques d’un sentier muletier avec des parties encore empierrées, des remblais de soutènement et des emplacements dénotant la présence séculaire de baraques de charbonniers. Et au cœur de la forêt, deux lames de scie abandonnées, l’une profondément enfouie dans le sol, l’autre sertie dans le tronc d’un pin, absorbée par la branche sur laquelle elle avait dû être posée. L’histoire économique de Reynés se dévoile sous nos yeux. Un peu plus loin nous arrivons au mas de la Copa. Tout s’explique. Une industrie du bois était alors florissante. Les scies à ruban à moteur thermique, succédant aux machines à vapeur, étaient acheminées dans le bois par des mulets et les ouvriers débitaient les arbres sur place. Jean Vinas explique : « Non loin de là, on chasse au lieu dit « la baraque des Italiens » car c’étaient eux qui coupaient le bois et un ruisseau est appelé « clot de la machine ». Des espagnols avaient installé une mini scierie pour couper les troncs de châtaigniers. Un bûcheron de Maçanet, Ignasi Carrera Costa, dit Nasi, a eu un bras sectionné par la machine. »

Nous ne sommes pas loin du « Moli Serrador » de Montalba où Armand, fils du Prince de Merode, avait installé une scierie dans les années 80. L’entreprise n’a duré que deux ou trois ans, les difficultés d’acheminement des barres sur des routes improbables et des chutes de neige successives en ayant empêché le développement.

On a du mal à imaginer une telle activité foisonnante sur ces territoires aujourd’hui à moitié perdus et ces sous-bois souvent infranchissables…

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