23/11/2017

Les chasseurs de Reynés ont la parole

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Ils ont tous les trois occupé le poste de Président de l’ACCA (Association Communale de Chasse Agréée) de Reynés à des époques différentes et tous trois ont la passion de la chasse.

Jeannot, conseiller municipal sous le mandat de Michel Baills, est le président fondateur de l’association en 1970. Les battues organisées de part et d’autre de la frontière avec ceux de Maçanet de Cabrenys ont forgé une solide camaraderie à l’origine du jumelage entre les deux villages.

André traque le sanglier depuis l’âge de dix huit ans, et fut président à Reynés durant onze ans. René après deux ans de présidence est maintenant trésorier. Ils évoquent le temps passé. « Au début on tuait sept à huit sangliers par an. Maintenant c’est près de deux cents.» Cette prolifération génère « une situation problématique car les bêtes en recherche de nourriture s’aventurent de plus en plus près des habitations, provoquant de nombreux dégâts. Jardins, cultures et pelouses sont régulièrement dévastés. Les clôtures électriques s’avèrent inefficaces et n’arrêtent pas les sangliers au cuir épais et résistant. »

L’ACCA

La Battue de l’ACCA de Reynés est composée d’une cinquantaine d’adhérents dont deux femmes. 80% sont des reynésiens et 20% ont moins de quarante ans. Ils chassent les mercredi, samedi, dimanche et jours fériés, d’août à janvier.

Une étape importante a été la construction en 1994 du local de chasse, grâce au maire Roger Villalongue. « La mairie ayant financé le terrain ainsi que le gros matériel, les quinze ou vingt chasseurs de l’époque ont assuré tous les aménagements intérieurs » explique Jean.

Le bureau de l’ACCA de Reynés avec son président Joseph Farré, son vice-président Alain Dabouzy, son trésorier René Farré et son secrétaire Jean Vinas réunit chaque année l’ensemble des chasseurs de l’association en Assemblée Générale et en juillet un repas est organisé au village, très prisé par les habitants.

Des battues avec des sociétés voisines permettent de coopérer, comme en 2005 où les chasseurs du Conflent ont été invités sur le terme de Reynés après le terrible incendie ayant ravagé leur campagne.

Sécurité et règlement

Le terrain de chasse est défini en fonction des traces (le « pied ») et des dégâts signalés par les propriétaires. Dans tous les cas ce territoire occupé est restreint et délimité par une signalisation sous forme de panneaux mobiles. Il est recommandé de les laisser en place par sécurité pour les autres usagers de la montagne qui peuvent cependant emprunter sans problème les sentiers pédestres balisés.

La réglementation pour les sorties en battue est très stricte : carnet de présence émargé, lecture du règlement avant le départ, vêtements colorés… C’est également l’ACCA qui gère les Plans de Chasse chevreuil et mouflon.

Après la chasse

Au retour de la chasse  les animaux sont aussitôt traités et la viande répartie. Les peaux et les déchets sont  congelés avant d’être jetés dans des poubelles. Dans un proche avenir la Communauté de Communes du Vallespir, la Commune de Reynés, la Fedération de Chasse et l’ACCA vont installer à Reynés un site règlementaire d’enfouissement. Une convention a été signée le 24 octobre dernier entre les différentes parties pour cette expérimentation au niveau du département qui sera retenue comme expérience nationale.

Hors saison les chasseurs nettoient et perpétuent les chemins forestiers, chacun étant redevable au minimum de quatre demi-journées. Ils utilisent leur matériel personnel, débroussailleuse, épareuse, broyeur, ou paient des entreprises pour effectuer certains travaux. Les chiens ont l’obligation de rester en chenil, des séances régulières d’entraînement en enclos fermés, comme à La Bastide, leur permettant de s’ébattre.

Une équipe soudée, un plaisir partagé et une utilité reconnue, c’est la grande famille des chasseurs qui par leur activité préservent la faune et son environnement en tâchant de réguler au mieux la population de gibier. 

22/11/2017

Fête de la Sant-Marti à Maçanet de Cabrenys

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Catalans du Nord et Catalans du Sud réunis autour du « Pal de Roland » (l’épée de Roland) sur la Plaça de la Vila, c’était la Festa de Sant-Marti dans le village jumelé avec Reynés.

Après la messe célébrée dans la belle église où fut enterrée Beatriu de Rocaberti, la châtelaine de Reynés, et l’apéritif copieux offert par la municipalité, les sardanes déroulaient leurs rondes au son de la cobla « Vila de la Junquera ».

Dans la liesse de cette parenthèse festive les propos échangés étaient graves, chacun arborant le ruban jaune en soutien aux prisonniers politiques.

Mercé Bosch, maire de Maçanet dans son bref discours, parlait de « situation compliquée » et demandait à tous « de se montrer unis et forts » Elle évoque un éventuel déplacement à Bruxelles et son inscription sur la liste « Esquerra Republicana » de l’Alt Emporda pour les prochaines élections.

Le temps durera jusqu‘au 21 décembre où les dés seront jetés. Catala or not Catala ? Pere, historien de Maçanet laisse le mot de la fin à Frédéric Mistral qui écrivait en 1861 dans « I Troubaire Catalan » : « Se tèn sa lengo, tèn la clau Que di cadeno lon deliéuro »,  « Qui possède sa langue détient la clé qui le délivrera de ses chaînes. »

Cette langue qui unit Maçanet à Reynés, village jumelé, mais aussi aux habitants du Vallespir dont les racines familiales plongent profondément dans le territoire maçanetenc. 

21/11/2017

Un cimetière bien gardé…

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Ce mur bardé de piques de fer protégeant les défunts du cimetière de Reynés Village semble incongru. Mais qui craignait-on au juste ? Des voleurs de chrysanthèmes, des profanateurs de sépultures, vandales, iconoclastes, instigateurs de messes noires… ? Ou peut-être ces pointes servaient-elles « d’espantabruixes » pour préserver le lieu des pouvoirs maléfiques des sorcières. Ce cimetière fut aménagé au début du siècle dernier lorsque le précédent, situé près du presbytère, s’avéra trop petit. La croix en granit d’un séminariste enterré là, tombée près du grenadier, en marquait l’emplacement. Elle fut transportée dans un local municipal puis installée sur le parvis de l’église Saint-Vincent où elle se trouve toujours.

La mairie ayant acquis le terrain actuel, terrasses, murets, escaliers et plans inclinés furent aménagés sur l’espace abrupt qui continue de s’agrandir.

Le premier cimetière de Reynés se situait sous le Castell et lors des terrassements pour la construction de la route trois tombes furent découvertes, vestiges d’une occupation moyenâgeuse. 

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