14/02/2018

Et rond et rond, petit panier rond…

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Dehors le vent rugit. Dans la salle multiculturelle les sept stagiaires n’en ont cure. Elles coupent, tressent, cousent et bavardent entre copines qui se connaissent bien maintenant pour avoir participé aux précédents stages de vannerie organisés par l’association reynésienne « Cistells i Banastes ». Et c’est avec beaucoup de plaisir qu’elles reviennent et accueillent parfois de nouvelles adeptes, au féminin puisque les hommes ont l’air de bouder l’activité.

Aujourd’hui elles réalisent un panier rond en « spart picado », acheté dans une coopérative espagnole. Appelée aussi alpha, cette plante est abondante dans les régions semi arides du pourtour méditerranéen. Après trempage dans l’eau durant cinq semaines, les fibres martelées deviennent plus souples, plus fines et plus résistantes. Les stagiaires tressent de longs cordons qu’elles assemblent en les enroulant, maintenus par des points de couture. Il faut de temps en temps humidifier la matière avec un vaporisateur pour la ramollir.

Séverine, audoise de Bizanet, est enthousiaste. « L’atelier a déclenché une vocation, je veux devenir vannière. » Céline vient depuis un an et « trouve l’ambiance sympa. ». Chantal de Saint-Cyprien assemble les tresses avec une aiguille d’emballage triangulaire et recourbée. « Je n’arrive pas à passer le nœud ! ». Hélène vient de Saleilles. Son tressage plus lâche lui permet d’introduire plus facilement l’aiguille dans l’ouvrage. Mireille de Caixas dans les Aspres a trouvé le site qu’elle cherchait sur Internet. « Je voulais faire de la vannerie, ça fait cinq fois que je viens. »

 En fin de matinée, les ventres vides rappellent l’heure. C’est la pause repas tiré du sac. Danièle d’Arles sur Tech mange des œufs brouillés de ses poules. Pascale, sous son tablier d’ancienne fleuriste, est venue de Llar, village sous la neige. Son mari l’a accompagnée pour mettre les chaînes. Journée mouvementée puisque durant le trajet leur chien a croqué les sandwichs ! Il a fallu revoir le menu…

Christine, l’organisatrice, dévore une immense salade composée. « On se régale, on papote. L’association, qui fonctionne avec un collectif de six membres, secondés par des bénévoles, prépare la quatrième Fête de la Vannerie du 3 juin, avec la participation de nouveaux vanniers, (au masculin cette fois), de Haute-Loire, des Alpes de Haute Provence, de Cévennes, de Dordogne…  La manifestation gagne toujours plus d’ampleur, aussi bien en stands qu’en visiteurs. »

Les petits paniers ronds prennent forme et chacune emportera son œuvre (chef d’ ?) agrémentée de souvenirs de rires, d’amitié et de passion partagée.          

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