24/05/2018

Exploration souterraine à Reynés

exploration par l'ESV mai 2018 (2).JPG

En avril 2017 la terre s’effondrait, provoquant une doline sur le terrain de l’ancienne guixera (carrière de gypse) de la Colomines.

Ce gouffre de  six mètres de diamètre sur dix mètres de profondeur était la conséquence des pluies diluviennes qui avaient drainé en un même point tous les petits ruisseaux des environs.

Ce terrain fragile est sillonné par les galeries d’exploitation de la mine qui a fonctionné du XIX° siècle jusqu’à la moitié du XX° siècle.

La mairie de Reynés a fait déposer des chargements de terre pour combler le trou, mais auparavant le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) souhaitait explorer le sous-sol pour examiner, comprendre et réaliser un plan éventuel.

L’ESR (Entente Spéléologique du Roussillon) a été sollicitée par l’intermédiaire du reynésien Bernard Lissot  et un samedi pluvieux du mois de mai, l’équipe de bénévoles, François et Sylvie, Papix, Gaston et Bernard, accompagnés par Jacques Sicre adjoint au maire, s’est retrouvée au bord du puits. Bernard explique : « En attendant une amélioration de la météo, Jacques nous mène à l’entrée de la mine enfouie qui servait au hissage des wagonnets par treuil. On découvre un départ de galerie presque totalement obstruée par des dépôts argileux et surtout inondée donc infranchissable. A proximité se trouve  la sortie du canal souterrain de drainage, asséché car probablement  obstrué et non fonctionnel. »

La pluie cesse et les spéléos décident de descendre, après un amarrage sur trois arbres. « La descente sur la paroi détrempée ne pose aucun problème, la marne mouillée où nous posons les pieds d’avère très compacte et collante »

 Les quatre mineurs d’un jour se retrouvent sur un énorme cône d’effondrement « avec les pieds dans une gadoue abominable qui « aspire » nos bottes. On est en fait dans la grande salle-carrefour au croisement de la galerie nord qui conduit à l’entrée de la mine, une galerie sud et une galerie ouest. Tous ces départs sont presque totalement obstrués par des sédiments argilo-marneux et surtout noyés par probablement la même nappe d’eau ». François réalise un topo en règle après repérage de tous les recoins accessibles. Un rapport sera remis à la mairie qui a l’intention de combler la cavité et de dévier les eaux de ruissellement en surface pour limiter le processus de dissolution. »

Mission accomplie pour l’ESR qui poursuit ses investigations à Vingrau, dans la grotte Xatard à La Preste, dans l’aven de Périllos, et bien d’autres sites d’exploration.

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