27/05/2018

Reynés et Maçanet de Cabrenys, une vieille histoire

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Dans l’édition du 30 novembre 2017 était évoqué un accident survenu à un bûcheron de Maçanet de Cabrenys, Ignaci Carrera Costa, dit « Naci », dans la forêt de Reynés, vers la Montanyola.

Sa sœur Maria, ancienne tenancière de l’hôtel restaurant Cal Ratero, explique les circonstances du tragique événement. « Ils étaient deux  bûcherons qui  sciaient des troncs de châtaigniers avec une scie circulaire. La branche leur a échappé, Naci a perdu l’équilibre et la lame lui a sectionné la main. C’était le 2 février 1965, il avait vingt six ans. Transporté en urgence à la clinique de Céret puis à Perpignan, malgré les soins la blessure s’est envenimée et pour éviter la gangrène, il a fallu amputer une grande partie du bras. » On le voyait dans les rues de Maçanet, manche pendante car il ne mettait pas la prothèse qui le gênait. « Les gens savent que je n’ai pas le bras, ils ne font plus cas ! » disait-il. Son handicap ne l’empêchait pas de vaquer à ses occupations et il est mort à soixante quatorze ans. Maria continue : « La main de mon frère a été récupérée et enterrée au cimetière de Reynés ». Ce détail macabre a pourtant son importance, soulignant l’amitié et le respect qui unissaient ces travailleurs.

A Maçanet, les « anciens » regroupés autour du jeu de cartes dans le café de la Pau sont la mémoire vivante du village et ils évoquent le temps où catalans du nord et du sud traversaient la montagne pour se rencontrer à toute occasion, comme en ce mois de mai l’Aplec de Les Salines ou la fête de Tapis (hameau de Maçanet) de dimanche prochain.

Le frère de Naci, Francisco Carrera Costa, dit Xicou, venait à Reynés cueillir des cerises chez les Bourrat, comme Jaume ou Soledad, de Maçanet. Le jumelage entre les deux villages était une évidence car les relations familiales, de travail et de loisirs étaient très anciennes. C’était le cas avec les chasseurs qui avaient l’habitude de traquer ensemble le gibier de part et d’autre du Roc de Frausa et continuent de se retrouver régulièrement.

Les scieries ne fonctionnent plus, les forges sont éteintes, et on n’entend plus les chants des cueilleurs de cerises se répondant d’une vallée à l’autre. Restent les souvenirs, bons et mauvais, qu’il est important de recueillir pour retracer l’histoire des hommes. 

11:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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