26/08/2018

La pratique médicale « fa temps »

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 Aux siècles derniers la vie des médecins s’apparentait à une aventure. Par tous les temps, de jour comme de nuit, sur des routes à peine carrossables, ils se rendaient, souvent à pied ou à vélo, au chevet de malades qui avaient d’abord essayé tisanes et décoctions maison, fait appel à la sage-femme ou au « curandero » (rebouteux) et appelaient le « metge » en dernier recours.

Prosper raconte : « C’était en hiver. Il y avait vingt centimètres de neige. Le docteur Amade a pris au passage dans sa 2 CV Anna ma maman et Fernande de can  Pau Escola pour le guider jusqu’au mas Patau où « la Taquine » devait accoucher. À l’Abella, plus moyen de continuer. Ils ont laissé la voiture pour finir à pied. Le docteur a passé la nuit à couper du bois et faire du feu  en attendant la délivrance. »

Il continue, intarissable : « Ayant dû subir une légère opération, c’est le docteur Capdeville qui m’emmena à l’hôpital avec sa Dauphine et attendit la fin de l’intervention pour me ramener à Reynés. »

Le témoignage de Thérèse est particulièrement émouvant. Sa grand-mère de la Muntanyola ayant dû subir une intervention délicate, c’est à son domicile d’Amélie les Bains que le docteur Bouix officia. Il a gardé la patiente chez lui une semaine pour lui prodiguer les soins, refusant toute rétribution. « On l’a payé en poulets et produits de la ferme, et une des  filles de ma grand-mère est allée faire quelques temps le ménage chez lui. »

Couverture médicale

L’assistance médicale était assurée par deux Sociétés de secours mutuels, « La Fraternelle » au Pont de Reynés et « l’Humanité », fondée en 1898, au village. Jacques Borreil, trésorier de la première, encaissait les versements et payait les frais médicaux à son domicile, dans son bureau à can Borreil. Etienne Arnaudiès, le meunier, fut secrétaire de « l’Humanité » et Marcel a conservé les livrets portant les cotisations et les amendes dues en cas de manquement aux obligations très strictes indiquées dans les statuts. Le droit d’admission était fixé à cinq francs et la cotisation mensuelle à un franc cinquante. L’article premier du règlement stipule les buts de la Mutuelle :

- « Donner les soins d’un médecin et les médicaments aux membres participants malades.

- Leur payer une indemnité pendant la durée de leurs maladies, suivant les conditions prescrites par les Statuts.

- Pourvoir à leurs funérailles.

- Constituer une caisse de pensions viagères de retraites, conformément à la loi du 1° avril 1898. »

En mars 1907, les Statuts de l’Humanité ont été signés par le bureau composé du président B. Picamal, du vice président Arnaudiès, du trésorier P. Madern et du secrétaire Pierre Fons, avec approbation du Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale, René Viviani. Par la suite, le coût des soins ayant augmenté, la Société cessa d’exister. Le système a bien évolué depuis ce temps-là.  

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