15/10/2018

Réfugiée à Reynés, Jeanne se souvient.

réfugiée de la guerre 28 sept 2018 (4).JPGréfugiée (2).jpg

Samedi 19 août 1944, le soir. Jeannette danse avec des amis au café can Fouste du Pont-de-Reynés. Soudain des maquisards les interrompent en criant : « Surtout ne partez pas, les Allemands descendent ! »

On apprenait plus tard que François Madern, un agriculteur reynésien rentrant chez lui, avait été tué sous le pont en fer par un motocycliste allemand.

Jeanne Campoy- Brial ne connaît pas François Madern, elle n’est pas de Reynés. Elle est née le 28 février 1928 à Llança, d’une famille maternelle originaire de Catalogne et de grands-parents paternels venus de Carthagène.

Après une enfance dans le village catalan, elle émigre à l’âge de treize ans avec ses parents et ses quatre frères et sœurs à Banyuls sur Mer où son père, ancien mineur, devient régisseur d’un vignoble.

Jeanne revit cette époque troublée. « J’avais seize ans en 1944. Les autorités, craignant un débarquement sur la Côte Vermeille, ont décidé d’évacuer les femmes et les enfants vers l’arrière-pays.  Le 2 février 1944, avec ma mère et mon petit frère Gérard âgé de deux ans, nous sommes partis pour Céret dans le car de Georges Rey, une  simple valise à la main, et nous avons été logés dans la villa d’André Magne, le patron vigneron de mon père. La famille était éclatée, ma sœur Antoinette avait suivi son patron photographe en Haute-Garonne et Mercedes travaillait dans le Gers pour un tailleur d’habits militaires.

Plus tard, mon père et mon frère aîné François nous ont rejoints et nous avons déménagé pour la maison de Rose Camps sur les hauteurs de  la Cabanasse de Reynés.

L’accueil des reynésiens a été chaleureux, tout le monde nous aidait, l’épicière de can Fouste nous donnait des œufs, malgré le rationnement nous n’avons pas trop souffert.

Il faut dire que mon père et François ont été embauchés pour remettre en état la route d’Amélie emportée lors de l’aïguat de 1940 au lieu-dit les « Embauçades ».

 Le débarquement ayant eu lieu finalement en Provence, les exilés ont pu rentrer chez eux, en août 1944. « Nous étions partis sans fermer la maison. Nous l’avons retrouvée intacte, rien n’avait été volé. »

De la quinzaine de familles banyulencques réfugiées dans le village de Reynés, il reste Michèle et Pierrette Serra, qui logeaient à can Gane, Jeannette quatre vingt onze ans et son jeune frère Gérard.

C’est grâce à Georges Caritg, de la Cabanasse, que Jeanne a pu renouer avec le passé et revenir avec sa fille Françoise, son « bâton de vieillesse », sur les lieux de son exil, « où tout a bien changé ».

Sa mémoire infaillible lui permet de raconter le quotidien précaire de ces temps troublés, témoignage irremplaçable d’une page douloureuse de l’histoire de Reynés. 

08:43 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

La Ronde de Reynés dans les forêts du Haut-Vallespir

rando-restau 7 oct 2018 (13).JPG

Visages dépités et jambes frissonnantes à la descente de voiture au Golf de Falgos, point de départ prévu de la randonnée de la Ronde de Reynés en Vallespir.

Ciel chargé de nuages menaçants, collines noyées dans la brume, le groupe réfugié dans la salle du restaurant se réchauffe autour de boissons chaudes, évaluant les maigres chances d’un revirement du temps. Les plus optimistes prévoient une éclaircie. Les autres se disent prêts à abandonner. Mais la motivation de certains est persuasive. K-way et capes de pluie déployés, les randonneurs bravent l’averse sur une piste en terre. Et le miracle se produit. Le brouillard se dissipe, un coin de ciel bleu apparaît, le massif du Canigó jaillit à travers la feuillée de hêtres se parant des couleurs d’automne. C’est enfin un vrai bonheur de marcher dans une atmosphère douce et ouatée au cœur de cette magnifique forêt du Haut-Vallespir, longeant les terres rouges hors du temps jusqu’aux canyons de Sant-Anyol.

Randonnée raccourcie, pieds mouillés ? Qu’importe !

Le repas à « L’Auberge du Moulin » de Saint-Laurent de Cerdans fut l’apogée gourmande de cette rando-restau traditionnelle pour vingt neuf coureurs ou bénévoles qui préparent activement avec le président Bernard Marco la prochaine Ronde du dimanche 10 mars 2019.  

08:41 Publié dans Loisirs, Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

10/10/2018

Les enfants, « veilleurs » de la planète

déchets en bord de route.jpg

La question environnementale est au cœur des débats de société. En terme de protection de la nature, si les adultes ont parfois du mal avec les règles, les enfants, eux, sont d’une sensibilité extrême pour peu qu’on leur donne la possibilité de s’exprimer et d’agir.

Dans les écoles le sujet revient souvent sur la table et les élèves sont conscients de la nécessité de préserver le monde dans lequel ils vivent.

C’est le cas pour Clarisse et Antoine Blanc, étonnés de découvrir lors d’une promenade avec leur grand-mère Evelyn autant d’objets abandonnés sur le bord de la route de Reynés. Equipés de gants de protection ils sont passés à l’acte. Sur une longueur de deux kilomètres, entre l’église et le chemin del Cascat, ils ont récolté de quoi remplir deux sacs poubelle d’objets hétéroclites, canettes, tissus, journaux, bouteilles, ferraille, paquets de cigarettes…

Les enfants ne comprennent pas comment les gens peuvent jeter ce qu’ils pourraient facilement déposer dans les containers (par ailleurs agréablement embellis) mis à leur disposition.

Nul doute que Clarisse et Antoine seront dorénavant auprès de leurs camarades de Thuir les ambassadeurs d’une philosophie de respect de l’environnement, éco-citoyens de demain pour la protection de la planète