07/09/2016

Le "Grand Tour" à Reynés

Halte rafraîchissante pour les équipiers du Grand Tour qui ont pu se désaltérer à la mairie de Reynés avant de délasser leurs pieds dans l’eau douce de la Font Calda.

Huit personnes parties de Céret en direction d’Arles-sur Tech via Amélie les Bains ont suivi le sentier de col de Baucells, la Creu et le Collet.

Groupe hétérogène puisque de nombreuses nationalités sont représentées, avec catalans, français, anglais et une bulgare, auxquels se joindront demain des italiennes.

La communication est pourtant facile, par traductions croisées, et tout le monde finit par se comprendre. L’amitié et la spontanéité soudent les participants, qui étaient trente deux dimanche dernier, le week-end étant plus propice aux évasions. Le nombre fluctue au fil des étapes mais l’ambiance reste au beau fixe.

L’association empordanaise Nau Côclea, Centre de Création Contemporaine, organise le périple pour la deuxième fois consécutive. Des artistes rejoignent les randonneurs à l’étape mais cheminent également avec eux. Alex, illustrateur, rédige le compte-rendu du voyage publié dans le journal en ligne NUVOL.COM. Isabel est architecte, Albert organise des spectacles à Barcelone, Vassillika, bulgare, est détachée d’un projet culturel communautaire européen, RECCORD PROJECT, et s’intéresse au comportement des différents modèles de public. Toni est artiste d’images, dessin, peinture, Helena travaille avec une Compagnie de Théâtre. Lola est une simple randonneuse, amoureuse de la nature et de l’art. Clara est l’organisatrice du voyage et Mélanie, absente pour cause de rangement de matériel est la coordinatrice du Vallespir.

GT Quel délice!.JPGQuelques personnes du village dont Montserrat, adjointe à la mairie, ont accompagné les marcheurs jusqu’au Collet où l’âne Maurice les a salués bruyamment et leur ont souhaité bonne route pour la poursuite de l’aventure.

10/08/2016

Carnet de deuil

 

C’est une nouvelle page de l’histoire de Reynés qui se tourne avec la disparition de Marie-Thérèse Bordet née Font. Reynésienne de souche, elle vit le jour en juillet 1921 à la Forge où elle vécut dans la Casa Pairal jusqu’à son dernier souffle.

Avec d’autres élèves de son quartier, elle se rendait à l’école du Village à pied, hiver comme été, par le Serrat Cantaire.

Ayant perdu sa mère à quatorze ans elle a été embauchée à la papèterie tout en assumant en plus la charge du travail de la maison pour son père et ses trois frères.

Elle connut plus tard Fernand Bordet, natif de Sète, venu habiter à Reynés car sa maman était nommée garde-barrière au passage à niveau de la Forge et ils se marièrent en l’église Saint-Vincent. Elle formait avec lui un couple très uni, partageant travail et loisirs, gravissant ensemble les échelons hiérarchiques de la papèterie pour devenir contremaîtresse et conducteur de machine à papier.

Ensemble ils ont construit leur vie au veïnat de la Forge avec leur fille Michèle puis avec Jean et Isabelle leur petite-fille qui garde toujours en mémoire le parfum du chocolat chaud cuit par sa grand-mère sur la cuisinière à bois.

Très pratiquante, Mité, ainsi qu’on la nommait, ne manquait jamais les fêtes votives de Reynés et appréciait les voyages à Lourdes, Lisieux et bien d’autres destinations.

Cette vie de labeur était rythmée de plaisirs simples, comme aller dès sept heures du matin chercher le journal, cultiver ses magnifiques géraniums, passion transmise à sa fille, nourrir la basse-cour, gratter la terre du jardin pour enlever l’herbe, accourir avec ses voisines Justine, Henriette et Marie au coup de klaxon du camion d’Alain Puntunet pour faire quelques achats et surtout échanger les nouvelles.

Malgré son grand âge elle restait active, coupant en petits morceaux les épluchures pour les lapins, assise sous la glycine, jusqu’à ses derniers jours où la maladie eut raison de sa résistance et de son courage.

Nul doute que le hameau de la Forge résonnera longtemps de la voix cristalline de Mité Bordet, belle figure reynésienne.   

27/07/2016

Carnet de deuil

 

Thérèse Baset est née à Céret le 8 avril 1927. Ses parents et leurs quatre enfants s’installèrent plus tard à La Bastide où elle allait à l’école.

De lourdes épreuves  endeuillèrent la famille avec la perte de leur père alors que Thérèse avait six ans et la  disparition tragique de deux soeurs.

A quatorze ans elle entra dans le monde du travail, à Céret  puis à Perpignan.

En 1947 elle épousa Joseph Delos, du mas “Patau”, nom familier qui fut attribué comme surnom de reconnaissance à tous les membres de la famille, y compris les descendants, habitude courante à cette époque.

Ils s’installèrent à Canadeils, Joseph étant employé à la mine de talc de Reynés puis à la papèterie d’Amélie les Bains. Thérèse s’occupait méticuleusement de la maison, du jardin potager et surtout de leurs cinq enfants, quatre filles et un garçon, prenant en charge également les deux enfants de sa fille aînée.

Très active, elle aimait parler avec les gens qu’elle rencontrait au cours des animations du Club de l’Amitié de Reynés mais aussi de Céret et de Saint-Jean, participant aux rifles, parties de cartes, sorties... Le marché du samedi à Céret était une occasion de revoir amis et connaissances pour échanger les nouvelles.  Elle communiquait même avec de jeunes wolfers américains en séjour à can Guillet qui ne parlaient pas un mot de français. “On se débrouille!” répondait-elle à ceux qui s’en étonnaient.

Vivant à l’orée des forêts de chênes et de châtaigniers, la cueillette des champignons n’avait pas de secret pour elle qui connaissait bien les “claps”.

Très gourmande, elle aimait manger au restaurant et cuisiner pour régaler sa famille, ses neuf petits-enfants et sept arrière-petits-enfants.

Toujours coquette, elle soignait son apparence et quelques jours avant son départ, accompagnée par ses filles, s’acheta une nouvelle robe au marché de Saint-Laurent, car elle conservait l’espoir de guérir.

En séjour au centre Vallespir du Boulou depuis un mois et demi, elle demeura lucide jusqu’aux derniers instants, gérant ses comptes et jouant au scrabble avec ses amies.

Nous ne reverrons plus la haute stature de Thérèse, Dame de Canadeils, mais son souvenir restera dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connue.