21/01/2018

« Les derniers ours : une histoire des Fêtes de l’Ours », de Oriol Luis Gual

LUIS GUAL Les fêtes de l'Ours 13 janv 2018 (2).jpg

La conférence initiée par l’association Reynés Patrimoine Culturel s’ouvrait sur un film d’anthologie tiré des archives paysannes montrant la fête de l’ours à Prats de Mollo aux prémices du siècle dernier. C’était alors, Oriol Luis Gual le précise, « une époque sans touristes, une fête pour le village, par le village ». D’ailleurs de nombreuses communes du département avaient leur propre fête de l’ours. Subsistent à l’heure actuelle Arles sur Tech, la plus proche des textes anciens, Saint-Laurent de Cerdans et Prats de Mollo. Chacune a sa spécificité et la tradition a évolué, se colorant des touches particulières de personnages venant étoffer la symbolique de la fête, comme la Roseta à Arles, la Monaca, le Gamarús, la Tortuga, les Figueretes à Saint-Laurent, les trois ours et l’antre de la bête sur la place du village à Prats de Mollo, les peaux de moutons moins coûteuses que les véritables peaux d’ours comme celle de Saint-Laurent venue du Canada… Le nombre d’ours s’est multiplié, allant quelquefois jusqu’à huit…

La structure générale est cependant toujours la même. Outre la poursuite des jeunes filles puisque tel est l’objectif de l’ours venu d’un territoire des confins du village, les temps forts du cérémonial sont l’habillage de la bête et le grimage avec un mélange de vin, d’huile et de suie, et le rasage par le barbier afin que l’ours reprenne forme humaine. Le contrepas, danse masculine et la mélodie d’une musique du XV° siècle accompagnent les festivités.

Ces fêtes de l’Ours ne sont pas propres au Vallespir. Les pays catalans, Barcelone, Valls, La Mata, le Pays Basque organisent également des jeux d’ours. Hors d’Europe on retrouve des rituels ursins, en Amérique, au Japon, en Russie, mais elles n’ont rien de commun avec nos traditions.

La fête s’est vue parfois frappée d’interdit à l’arrivée du christianisme ou à la suite de fêtes entachées d’accidents mortels.

La place de cette tradition suivant l’évolution du calendrier est fluctuante : la Chandeleur, Carnaval, Mardi Gras. Mais quelle que soit la date, le mariage de l’ours avec la jeune fille donnera naissance à une nouvelle année.

Oriol Luis Gual travaille en étroite collaboration avec Robert Bosch, grand spécialiste des ours et même de « La Femme de l’Ours ». Une intervention en duo aura lieu le mardi 23 janvier à la librairie Torcatis où ils présenteront leurs ouvrages autour d’une projection et d’une exposition. 

09:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/01/2018

Première conférence de l’année de Reynés Patrimoine Culturel

OURS 4111.jpg

Les ours de nos montagnes n’auront plus de secrets pour vous. L’association invite Oriol Lluis Gual à relater l’histoire passionnante des fêtes de l’Ours chères aux vallespiriens. A cette occasion il présentera son dernier livre « Les derniers ours : une histoire des Fêtes de l’Ours ». Rendez-vous samedi 13 janvier 2018 à 18 H dans la salle des Echoppes du Pont de Reynés. Entrée libre.  http://reynes.patrimoine.free.fr

26/12/2017

Présentation du nouveau livre de Bruno Segondy

DSCF3461.JPG

Bruno Segondy, juriste, historien des institutions et humaniste, a présenté son nouveau livre « Céret, ville d’Art et de Culture » dans la salle du conseil municipal de Reynés.

A travers cet ouvrage il a pu rendre hommage à ses prédécesseurs, en particulier Anton de Sibourne, Yvette Lamothe-Carboneil et Amalia Vargas, qui ont retracé la riche histoire de Céret, commune liée intimement au village de Reynés puisque la paroisse s’étendait jusqu’à Maçanet de Cabrenys au sud, Llauro au nord et Palada à l’ouest avant 1723 où la paroisse de Reynés devient autonome.

Vingt neuf églises et chapelles, cinq oratoires, trois cimetières avec des fosses pour juifs, étrangers et pestiférés, trois ermitages, fontaines, sculptures, bâtis anciens… la richesse patrimoniale de Céret est immense, de même que sa richesse humaine avec treize communautés de prêtres et religieux qui ont marqué l’histoire de leur fonction contemplative, missionnaire ou d’éducation.

L’iconographie est modeste. Quelques lithographies et dessins montrent les vieux remparts de Céret avec la maison seigneuriale ou le Pont majeur du XIV° siècle et ses chapelles. La représentation  par M. F. Guibert de la cité fortifiée révèle les quatorze tours et huit portails gardiens de la ville en 1647.

Les témoignages de ce passé de ville seigneuriale et consulaire sont par contre nombreux, statuaires, bas-reliefs, carrières, retables… vestiges que l’on peut découvrir en sillonnant les rues et les environs de la sous-préfecture.

Les recherches continuent

Des interrogations subsistent malgré tout car le temps a souvent effacé les traces. D’après un document de 1738 les reliques des Saints Abdon et Sennen, grands patrons du Vallespir, en route vers Céret pour solliciter la guérison des malades, marquèrent une pause à l’oratoire situé près du mas d’en Casas à la Cabanasse de Reynés pour des célébrations rituelles. En limite des deux communes, cet oratoire serait situé non loin de la passerelle qui franchissait le Tech et permettait de rejoindre Saint-Paul. Un péage de un sou y étant établi, certains préféraient poursuivre jusqu’à Céret, prendre la route de « l’Oratori » du mas can Guix et emprunter le chemin de Riu Cerda vers la chapelle. Régulièrement emportée par les crues de la rivière, cette passerelle n’existe plus. Ne restent plus que les deux piliers et la cabine du treuil qui permettait le transport des marchandises.

L’auteur poursuit donc ses recherches permettant de ranimer la mémoire du passé vallespirien. 

En attendant la parution d’un nouveau recueil sur l’histoire des monuments, de la mise en place des fortifications et des grandes familles, « Céret ville d’Art et de Culture » est en vente dans les librairies « Le Cheval dans l’Arbre » et « Ivre de Livres »,  au Musée, à la médiathèque et à la boutique du rugby.