30/05/2018

Feste dels Pagesos à Les Salines

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C’est dans l’ermitage de Les Salines magnifiquement « relooké » (toiture, boiseries, peinture…) qu’a eu lieu le traditionnel Aplec de Sant Isidre, patron des paysans. L’origine de cette fête remonte au XVII° siècle, avec l’offrande aux pauvres  des produits de la terre.  De cette coutume, disparue de nos jours, subsiste le partage du riz et des « berenes » (petits pains bénits) entre les assistants.

La chapelle fut édifiée à la fin du XIII° siècle par Mascaros d’Ortal seigneur de Maçanet, sur un lieu marqué par de nombreux miracles, appelé Les Salines en référence au sel que l’on donnait au bétail sur les pâturages, à proximité de la grotte où, selon la légende, un taureau du mas Roure découvrit une statue de la vierge.

L’histoire de cette statue en pierre calcaire est mouvementée. Brisée en 1593 par un bandit huguenot nommé La Mandra, elle fut remplacée par une reproduction en albâtre, puis au XIX° siècle, par une vierge « habillée », au corps en bois, visage et mains en plâtre, réalisée par un sculpteur de Maçanet Josep Verdaguer i Sales.

Durant la guerre civile d’Espagne, Esteve Planas du mas Roger dissimula la statue enveloppée d’une couverture en territoire français, dans une grotte du mas Solanells. Restaurée à plusieurs reprises, elle revint en procession à la chapelle de Les Salines.

L’ermitage est la propriété de l’Evêché qui assure les travaux, avec l’aide de la municipalité et depuis 1974, de l’association le « Patronat de Sant Isidre ».

La fête terminée, la chapelle silencieuse, les jeux de cordes rangés, les sardanes dénouées, ce cadre idyllique retrouve son calme, troublé seulement par le bruissement de la fontaine ombragée. En 1967 un refuge accolé à la face nord de l’ermitage a été installé par le centre excursionniste de l’Empordà.

Plus récemment, un couple de jeunes de La Vajol a décidé de s’investir dans l’aménagement du site et la permanence de l’hôtellerie. Le restaurant sera ouvert seulement le week-end en juin et juillet et tous les jours durant le mois d’août. Pour connaître les jours d’ouverture et réserver, appeler le 660220397. 

27/05/2018

Reynés et Maçanet de Cabrenys, une vieille histoire

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Dans l’édition du 30 novembre 2017 était évoqué un accident survenu à un bûcheron de Maçanet de Cabrenys, Ignaci Carrera Costa, dit « Naci », dans la forêt de Reynés, vers la Montanyola.

Sa sœur Maria, ancienne tenancière de l’hôtel restaurant Cal Ratero, explique les circonstances du tragique événement. « Ils étaient deux  bûcherons qui  sciaient des troncs de châtaigniers avec une scie circulaire. La branche leur a échappé, Naci a perdu l’équilibre et la lame lui a sectionné la main. C’était le 2 février 1965, il avait vingt six ans. Transporté en urgence à la clinique de Céret puis à Perpignan, malgré les soins la blessure s’est envenimée et pour éviter la gangrène, il a fallu amputer une grande partie du bras. » On le voyait dans les rues de Maçanet, manche pendante car il ne mettait pas la prothèse qui le gênait. « Les gens savent que je n’ai pas le bras, ils ne font plus cas ! » disait-il. Son handicap ne l’empêchait pas de vaquer à ses occupations et il est mort à soixante quatorze ans. Maria continue : « La main de mon frère a été récupérée et enterrée au cimetière de Reynés ». Ce détail macabre a pourtant son importance, soulignant l’amitié et le respect qui unissaient ces travailleurs.

A Maçanet, les « anciens » regroupés autour du jeu de cartes dans le café de la Pau sont la mémoire vivante du village et ils évoquent le temps où catalans du nord et du sud traversaient la montagne pour se rencontrer à toute occasion, comme en ce mois de mai l’Aplec de Les Salines ou la fête de Tapis (hameau de Maçanet) de dimanche prochain.

Le frère de Naci, Francisco Carrera Costa, dit Xicou, venait à Reynés cueillir des cerises chez les Bourrat, comme Jaume ou Soledad, de Maçanet. Le jumelage entre les deux villages était une évidence car les relations familiales, de travail et de loisirs étaient très anciennes. C’était le cas avec les chasseurs qui avaient l’habitude de traquer ensemble le gibier de part et d’autre du Roc de Frausa et continuent de se retrouver régulièrement.

Les scieries ne fonctionnent plus, les forges sont éteintes, et on n’entend plus les chants des cueilleurs de cerises se répondant d’une vallée à l’autre. Restent les souvenirs, bons et mauvais, qu’il est important de recueillir pour retracer l’histoire des hommes. 

11:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/05/2018

Reynés Patrimoine Culturel à St Marti de La Roca

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Le splendide tapis de cistes mauves sur les contreforts des Aspres était un avant-goût  des trésors que la sortie botanique et géologique près de Camelas organisée par Reynés Patrimoine Culturel a révélés à la vingtaine de participants.

Jeanine Rodriguez, botaniste passionnée, est incollable sur les plantes, leurs vertus culinaires ou médicinales et leurs justes dosages.

L’Helichrysum stoechas (immortelle stoechas) dont l’huile guérit les cicatrices, le Calicotome spinosa (cytise épineux), « lardoir » à sauterelles pour la pie-grièche, le Bupleurum fruticosum (Buplèvre ligneux) ombellifère qui donne le meilleur des miels ou le Sorbus domestica (cormier) aux petites poires à manger blettes, choux et salades sauvages… les plantes n’ont pas de secret pour elle.

En osmose avec le terrain sur lequel elles poussent, certaines sont spécifiques des roches calcaires présentes sur la colline de Saint-Martin de La Roca, telle le Cneorum tricoccon (Camelée à trois coques) et Christian Sola, le géologue reynésien, explique, carte à l’appui, que le  roc Saint Martin est un sommet calcaire localisé dans les Aspres schisteuses primaires. Au-dessus des schistes et pélites de l'Ordovicien et du Silurien, affleurent les bancs de calcaires massifs et dolomies du Dévonien constituant le sommet de la colline sous forme de synclinaux perchés. Ces calcaires sont très riches en fossiles marins : des crinoïdes (de la famille des oursins et des étoiles de mer), dont on peut observer de magnifiques spécimens aux alentours de la chapelle Saint Martin.

Une ondée passagère rassemble les marcheurs dans la petite chapelle de style roman, transformée en ermitage au XVII° siècle, perchée sur ce piton d’où la vue est imprenable sur le Canigou chapeauté de nuages, le dessin découpé des Corbières et les sommets des Albères et du Vallespir noyés de pluie.

Le soleil revient pour savourer les surprises de fin de balade : un parterre de petites tulipes sang et or et une grotte, boyau étroit difficile d’accès et obturé par un éboulement.

Une matinée sympathique et instructive, avant la prochaine étape du programme de Reynés Patrimoine Culturel, un voyage à Pézenas dans l’Hérault le dimanche 3 juin 2018.