09/02/2018

Reynés Patrimoine Culturel, « passeur » de mémoire

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Depuis quinze ans l’association Reynés Patrimoine Culturel offre conférences variées, expositions, présentations d’ouvrages, sorties botaniques et géologiques avec Marcel Juanchich, Jeanine Rodriguez et Christian Sola … « afin de préserver la mémoire du patrimoine matériel et immatériel de Reynés, du Vallespir et de la Région. »

Sur ces mots du président Joan-Pau Escudero s’ouvre l’Assemblée Générale suivie par la plupart des cent dix adhérents de l’association.

La secrétaire Jacqueline Aspart présente ensuite le bilan d’activités de l’année 2017, très riche en manifestations de toutes sortes.

Christian Sola, le trésorier, se félicite du bilan financier positif. Ces bilans adoptés à l’unanimité, Joan-Pau Escudero évoque  l’avenir avec des dates déjà arrêtées, d’autres en pourparler.

Samedi 17 mars, à 17 H 30 Louis-Dominique Auclair viendra parler des mines de la région. Dimanche 8 avril une sortie à Camelas permettra de découvrir la richesse botanique et géologique des Aspres. En mai, Jeanine Rodriguez propose un déplacement à Pézenas pour admirer dans la garrigue une flore exceptionnelle « que vous ne verrez jamais plus ». Pour le mois de juin est envisagée une conférence sur le thème « vivre à Reynés au XVIII° siècle », tandis qu’en automne un ornithologue évoquera les oiseaux de la région… Après l’intervention de Véronique Bazia présidente d’Aspavarom (Association pour le Patrimoine de la Vallée de la Rome) qui présentait son association organisatrice du vingt deuxième Rallye Culturel de passage à Reynés, Jean-Jacques Serra annonçait l’événement phare du four solaire de Sorède le 19 août 2018 : une démonstration de cuisine solaire avec la participation de spécialistes européens et l’archéologue Ingrid Dunyach révèlait le lancement des travaux au Castell de Reynés. A ce sujet le maire Jean-François Dunyach annonçait que la signature du bail emphytéotique avec le propriétaire René Borrat donne carte blanche à la municipalité pour entreprendre, grâce au programme financé par le Fonds Européen de Développement Régional, la mise en valeur des ruines du château des Seigneurs de Cabrenç et de sa chapelle pré romane. Un repas au Casot de La Farga clôturait cette AG particulièrement dense et porteuse de projets séduisants.

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24/01/2018

La chapelle Saint-Paul à l’honneur ce dimanche

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Dans quelques jours aura lieu la fête de la Saint-Paul à la chapelle du même nom. Cet ancien ermitage est cité pour la première fois en 1146 dans un acte situant trois bordes (métairies) sous le nom de « loco vocato a Sant-Pau » (lieu voué à Saint-Paul). On le retrouve en 1628 sous celui de « Sant-Pau y lo vilar » (Saint-Paul et le village), cette dénomination faisant penser qu’il s’agissait d’un groupe d’habitations, une sorte de petite communauté indépendante de Reynés.

De nombreuses modifications La chapelle primitive du XI° siècle, au chevet trapézoïdal était orientée ouest-est.   

Au XV° siècle la seigneurie de Saint-Paul échoit à la famille de Rocaberti, seigneurs de Reynés, descendants de Béatrix de Cabrenç.

L’édifice fut entièrement modifié au XVII° siècle, comme l’indique une pierre trouvée dans un des murs, entre 1686 et 1689, sous le règne de Louis XIV, avec une orientation nord sud, l’agrandissement  de sa nef et l’ajout d’un clocher, de deux transepts, la construction d’un nouveau chœur et de la sacristie.  Jusqu’à la Révolution Française qui le ferma, ce lieu fut occupé par des ermites. Les prêtres de Céret continuèrent ensuite à pratique le culte à Reynés et, dans les temps anciens, Saint-Paul était invoqué pour guérir les maladies de peau.

La plantation d’oliviers plusieurs fois centenaires occupe certainement l’emplacement de l’ancien cimetière.

La façade de l’édifice fut restaurée en 1905.

Propriété de la famille Falguère-Xiffre, la chapelle fut acquise en 1985 par la Municipalité de Reynés qui en assura la restauration.  Il ne reste de l’ancien édifice que l’abside englobée dans le logement de l’ermite, un buste reliquaire de Saint-Paul, le maître-autel du XVIII° siècle et un bénitier en pierre non daté. Le bas-relief en bois du Christ et des apôtres, du XVII° siècle, classé monument historique, très abîmé, se trouve actuellement dans l’église Saint-Vincent à Reynés Village.

De nos jours La chapelle Saint-Paul est dénommée « Sant-Pau dels Envistadors » pour les promesses de mariage qui s’y échangeaient ou « Sant-Pau de les botifarres » car c’est la période où on tue le cochon et les pèlerins avaient  coutume d’y faire griller des boudins.

La fête a toujours eu lieu le dernier dimanche de janvier. Elle se déroulait dans les jardins du domaine Saint-Paul embaumés de mimosa et c’était l’occasion de danses populaires, de vente de boissons, de chouchous et pommes caramélisées, de promenades champêtres dans le parc ombragé, autour du petit lac où nageaient des cygnes. La passerelle sur le Tech n’existant plus, de nombreux cérétans empruntent le chemin de Riu Cerda pour se rendre à la fête.

Organisée de longues années par le Foment de la sardane de Céret, c’est maintenant le Comité de Jumelage Reynés-Maçanet de Cabrenys qui la prend en charge, cette année le dimanche 28 janvier.  

21/01/2018

« Les derniers ours : une histoire des Fêtes de l’Ours », de Oriol Luis Gual

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La conférence initiée par l’association Reynés Patrimoine Culturel s’ouvrait sur un film d’anthologie tiré des archives paysannes montrant la fête de l’ours à Prats de Mollo aux prémices du siècle dernier. C’était alors, Oriol Luis Gual le précise, « une époque sans touristes, une fête pour le village, par le village ». D’ailleurs de nombreuses communes du département avaient leur propre fête de l’ours. Subsistent à l’heure actuelle Arles sur Tech, la plus proche des textes anciens, Saint-Laurent de Cerdans et Prats de Mollo. Chacune a sa spécificité et la tradition a évolué, se colorant des touches particulières de personnages venant étoffer la symbolique de la fête, comme la Roseta à Arles, la Monaca, le Gamarús, la Tortuga, les Figueretes à Saint-Laurent, les trois ours et l’antre de la bête sur la place du village à Prats de Mollo, les peaux de moutons moins coûteuses que les véritables peaux d’ours comme celle de Saint-Laurent venue du Canada… Le nombre d’ours s’est multiplié, allant quelquefois jusqu’à huit…

La structure générale est cependant toujours la même. Outre la poursuite des jeunes filles puisque tel est l’objectif de l’ours venu d’un territoire des confins du village, les temps forts du cérémonial sont l’habillage de la bête et le grimage avec un mélange de vin, d’huile et de suie, et le rasage par le barbier afin que l’ours reprenne forme humaine. Le contrepas, danse masculine et la mélodie d’une musique du XV° siècle accompagnent les festivités.

Ces fêtes de l’Ours ne sont pas propres au Vallespir. Les pays catalans, Barcelone, Valls, La Mata, le Pays Basque organisent également des jeux d’ours. Hors d’Europe on retrouve des rituels ursins, en Amérique, au Japon, en Russie, mais elles n’ont rien de commun avec nos traditions.

La fête s’est vue parfois frappée d’interdit à l’arrivée du christianisme ou à la suite de fêtes entachées d’accidents mortels.

La place de cette tradition suivant l’évolution du calendrier est fluctuante : la Chandeleur, Carnaval, Mardi Gras. Mais quelle que soit la date, le mariage de l’ours avec la jeune fille donnera naissance à une nouvelle année.

Oriol Luis Gual travaille en étroite collaboration avec Robert Bosch, grand spécialiste des ours et même de « La Femme de l’Ours ». Une intervention en duo aura lieu le mardi 23 janvier à la librairie Torcatis où ils présenteront leurs ouvrages autour d’une projection et d’une exposition. 

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