20/01/2017

Les « pedretes de Sant Vicens »

      Marcel et Daniel devant leur vitrine..JPGpedretes de Sant Vicens.jpg

Une des traditions de la fête patronale de la Saint-Vincent consistait à prospecter aux abords du village pour découvrir ces cristaux magiques brillant de mille feux, les « pedretes de Sant Vicens ».

Jean Borreil explique : « La saison hivernale où la végétation est en sommeil facilitait les recherches. C’était pour certains une compensation récréative au sacerdoce religieux et un symbole porte-bonheur. Et puis on était là, plein sud, « al rapatell del sol » alors on cherchait, ça faisait partie de la fête, comme les « berenes », les petits pains bénits. »

Marie-Thérèse « en cherchait sur le chemin de l’école, » et d’après René Borrat, « on en trouve de trois couleurs à Reynés, blancs, roses et parfois noirs comme celui que j’ai sorti au  camp de la palanca  sur la berge de la rivière de Canadells. »

Jacqueline se souvient : « Dans les années 70, les enfants de l’école du village connaissaient parfaitement les coins à pedretes. Ils les cherchaient surtout quand il y avait du soleil, ça brillait. Ils en ramenaient tellement que nous faisions des collages avec ces petites pierres. »

Les enfants, agiles, escaladaient les talus sous le cimetière de Reynés, heureux de dénicher ces trésors issus  du gypse, minéral sédimentaire qui s’est déposé à l’époque du Trias, ici le Trias des Corbières, il y a plus de deux cent vingt millions d’années et que l’on trouve en linéaire le long de la grande faille du piedmont des Pyrénées qui traverse la commune d’Ouest en Est.

Le filon étant « boudiné », la présence du quartz n’est pas régulière, mais il se trouve un peu partout, sous le Collet, à can Cliquettes, au mas Santol, dans la grotte du mas Casals, à Roca Gelera, sous le village de Palalda, à Céret puisque Jean en a déniché un au pic de Garces…

A la Guixera de La Colomina était exploitée une carrière de gypse, dont la cuisson donnait du plâtre très utilisé à l’époque. Les excavations sont maintenant comblées, le lieu devenu un parking, et les pedretes sont les derniers témoins de ce  passé laborieux.

Le quartz, pierre fine à l’indice de dureté assez élevé, s’est formé lors de la compression géologique par cristallisation de la silice.

Celui que l’on trouve à Reynés, avec ses dix huit facettes cristallines naturelles donnant l’aspect d’un prisme hexagonal terminé par deux pointes, provient d’une agglomération d’atomes de silicium et d’oxygène, véritable construction chimique au niveau moléculaire.

Ces pierres ne sont jamais transparentes, elles ont un aspect trouble, opaque, car elles contiennent de l’anhydrite (sel) dû à  leur origine marine, ainsi que des impuretés. La couleur de la pierre est déterminée par le terrain. L’oxyde de fer donne du quartz hématoïde de couleur rouge, le quartz fumé noir dit « morion » révèle la présence de carbone dans le sol.

Les propriétés physiques de cette pierre en piézoélectricité en font un composant de choix de nos technologies les plus modernes. Certains leur prêtent même des vertus thérapeutiques et des pouvoirs de guérison, d’harmonisation et de fortification, utilisés depuis l’Antiquité.

Pour la famille Borreil  de Reynés, les pierres sont devenues une passion. Daniel est l’un des fondateurs de l’Association Minéralogique d’Amélie les Bains, tandis que Marcel est membre du bureau et Jean, sympathisant, œuvre activement lors des expositions annuelles.

Ils sont aussi explorateurs et sillonnent de nombreux pays outre la France, l’Autriche, le Maroc, l’Espagne où ils découvrent quartz, pyrites et autres aragonites, trésors d’une beauté souvent remarquable. Leur plus grande trouvaille est une géode de quartz de belle taille en Ariège.

D’après Daniel, « La minéralogie est un lien entre les hommes qui se retrouvent pour la prospection, se contactent, échangent les informations, se renseignent sur les sites auprès des autochtones qui savent comment se rendre sur les bons terrains. »

Profitez donc de la fête de la Saint-Vincent dimanche prochain pour vous pencher sur la terre de Reynés et découvrir les trésors cachés, les « pedretes de Sant-Vicens ».

16/01/2017

Vœux des reynésiens pour leur village.

Reynés avril 2015 (1).JPG

L’offrande des vœux du nouvel an est une tradition séculaire. Dans l’empire romain, le jour de l’an, dédié au dieu Janus, était l’occasion de s’offrir du miel, des figues, des pièces de monnaie et de se souhaiter bonheur et prospérité pour les reste de l’année. Tous les pays n’ayant pas le même calendrier, ni les mêmes modes de calcul, le nouvel an se fête dans le monde entier mais à des dates différentes.

En France, basé sur les travaux agricoles, il fut célébré le 1° mars puis le 1° septembre avant que Charles IX, en 1564, fixe la date officielle pour que « l’année commence dorénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier ».

Chaque peuple, chaque religion célèbre à sa manière cette fête tant attendue, avec ses codes et ses rites immuables de « passage » pour éloigner le mauvais sort et attirer la chance, pour enterrer la vieille année et fêter la naissance de la nouvelle.

Les vœux de santé et de prospérité foisonnent, offerts de bon cœur à la famille, aux amis, à la planète…

A Reynés, en 1999,  les élèves de l’école écrivaient :

« Le village du bonheur.

Il était une fois un petit village entouré de verdure blotti au pied des montagnes.

La nature était belle avec ses fleurs et ses arbres fruitiers… La vie était douce comme un clair de lune au printemps. Les habitants étaient heureux et ils s’y plaisaient beaucoup.

Les enfants de ce village étaient si gentils que tout le monde les aimait…

 Ce village de rêve, vous pensez peut-être qu’il n’existe pas ?

Mais bien sûr il existe ! Ne l’avez-vous pas reconnu ?

Ce village s’appelle Reynés en Vallespir. »

Depuis, les enfants ont grandi, certains sont partis. Et le village continue de vivre, de se développer, de vieillir aussi. Les reynésiens se l’approprient, souhaitant le meilleur pour leur cadre de vie.

Interrogés, ils font preuve d’enthousiasme et de réalisme.

A côté de quelques désirs ambitieux, comme la maison de retraite évoquée par Francine, une piscine d’eau chaude couverte, le rêve de Marie, ou la restauration du château, selon Marcel, leurs souhaits sont plutôt raisonnables et constructifs.

Denise a peur de se « faire renverser en allant au pain. Il faudrait des ralentisseurs devant la pharmacie et la boulangerie.» Françoise aimerait « pouvoir se poser dans un endroit tranquille au Pont de Reynés, pour boire un café et discuter. »

Nicole et Jean déplorent l’absence de bancs le long de la voie verte. « On n’a aucun endroit pour se reposer, même pas un talus. On doit calculer pour faire demi-tour à temps. »

Plusieurs personnes demandent « un distributeur de billets pour éviter de courir à Céret. »

Marie et Doussia souhaitent « des WC publics accessibles. »

Mélissa voudrait « des trucs pour les jeunes ».

Elisabeth souhaite « l’épanouissement de l’école car elle est le cœur du village ».

Marie-Thérèse désire « plus d’entraide, et des enfants solides et en bonne santé », comme Michèle qui aspire à « plus de fraternité, de solidarité », et imagine « une campagne où règnerait la nature sauvage avec des animaux en liberté. »

Christian pense « qu’il faudrait développer le tourisme vert ».

Nombreux sont ceux qui espèrent une prise de conscience pour « maintenir la propreté des bords de route et éviter l’abandon de déchets de toutes sortes ».

Chantal souhaite « nouer des relations et retrouver une cohésion sociale qui fait défaut. » De même Jean-Pierre pour qui « la communication » est le maître mot d’une société villageoise.

Marcel demande « du travail pour tout le monde ».

Francis veut lui  aussi que « le village se développe, avec la création d’emplois ».

« L’amélioration de l’habitat » est également une préoccupation récurrente, des constructions nouvelles sur des terrains en friches permettant la progression de la population et le renouveau du lien social. Tandis que d’autres refusent le bâti pour garder l’intégrité de l’environnement.

Le dernier mot revient à Jade, huit ans, qui souhaite « la paix dans le monde, et donc à Reynès,  et que la nature soit préservée. »

Vaste programme, mais que chacun peut s’approprier en prenant en main le destin de Reynès qui pourrait ainsi devenir vraiment  « le village du bonheur ».

02/01/2017

Soirée amicale à l’école de Catalan de Reynés

Noël 2016 au cours de catalan.jpg

Une vingtaine d’élèves de catalan se sont retrouvés dans la salle des Echoppes autour d’une « espartineta » de Noël pour clore le premier trimestre.

Organisés par le CCCV (Centre Culturel Catalan du Vallespir), les cours sont assurés par Jean-Paul Escudero, ancien enseignant, suivant une méthode pédagogique vivante et ludique, privilégiant la conversation, initiée par Gentil Puig Moreno, Docteur habilité en sciences du langage.

Les motivations des élèves sont diverses. Yann parle l’espagnol mais veut aussi apprendre le catalan. Olivier connaît bien cette langue, parlée depuis longtemps dans sa famille. Elisabeth elle aussi maîtrise le catalan et vient pour passer du temps avec des amis. Marie-France souhaite s’exprimer correctement, le lire plus facilement et l’écrire. Christian veut se familiariser avec le vocabulaire. Dans la famille d’Yvette, on parlait français mais elle a épousé un pur catalan…Jean-Jacques est parfois confus de ne pas le parler correctement. Avec Janine ils espèrent acquérir du vocabulaire et « attraper  l’accent » perdu au cours de leurs pérégrinations. Suzanne communiquait en catalan avec ses grands-parents. Elle veut apprendre à l’écrire. Marie et Albert souhaitent se perfectionner et discuter avec d’autres personnes. Marie-Jeanne voyage souvent en Catalogne Sud et espère ainsi s’intégrer à la population. Monique d’origine belge veut elle aussi se rapprocher du voisinage.

Martine-Sophie et Olivier viennent « pour que la langue ne meure pas ».

Tous sont là avant tout pour parler la langue du pays.

Une discussion s’engage, en catalan bien entendu, sur la misère à Madagascar où le mari de Suzanne est parti comme chaque année avec des amis apporter matériel et médicaments.

Les chocolats de Noël trônent sur la table. Qu’en est-il là-bas ?