22/05/2017

La guixera de la Colomina, carrière de gypse de Reynés

 

L’apparition soudaine du gouffre de Reynés a interpelé nombre de Reynésiens et de nombreux témoignages ont donné vie à une période importante et pourtant méconnue de l’histoire du village : l’exploitation de gypse.

Historique.

Une première exploitation a existé à l’Ouest du Castell, rive gauche de la rivière. La seconde, plus récente, est celle de la Colomina, sous la mairie. Cette « guixera », carrière de gypse avait été abandonnée puis ré-ouverte avant d’être définitivement fermée en 1948, après l’écroulement de l’appareil.

Géologie

Ce site appartient au synclinal d’Amélie les Bains, encadré par deux zones de failles marquées par la présence de lentilles de marnes gypsifères du Trias.

Le gypse de Reynés présente une teinte générale gris cendré, sillonnée de veinules blanches de gypse fibreux. Le quartz cristallisé en prismes hexagonaux terminés par des pyramides y est abondant. C’est donc là que l’on trouve les fameuses « pedretes de sant Vicens »

Fabrication du plâtre

Le gypse extrait était concassé, cuit dans des fours en briques à 160°, broyé et transporté en camion jusqu’à la maisonnette de la gare de Céret, où les sacs de plâtre étaient expédiés par le train.

Les aménagements

L’exploitation se composait d’une grande salle d’où partaient trois galeries principales.

René Francescatti précise : « L’extraction dans les couches épaisses de gypse horizontales à dix mètres de profondeur se faisait en « chambres et piliers », méthode qui demandait une certaine rigueur pour éviter les effondrements, la convoitise prenant parfois le pas sur la prudence. »

On entrait dans la mine par un plan très incliné où circulait sur des rails un wagonnet à crémaillère tiré par un treuil. L’écoulement de l’eau se faisait par un drain en pierres qui existe toujours et coule sans cesse dans la rivière. Seuls subsistent quelques vestiges, complètement recouverts de végétation telle une vieille bâtisse en ruines où vivait un ouvrier espagnol, Barnabé.

Marie de can Vicensou se souvient : « Sa femme, Espéranza chantait toujours. Ils avaient une petite fille qui n’allait pas à l’école. Le sol de la maison était en terre battue, le mobilier sommaire. »

Témoignages

Les personnes ayant travaillé à la plâtrière ne sont plus de ce monde. Ce sont leurs descendants qui témoignent de cette activité pourvoyeuse d’emplois locaux.

Ils sont nombreux à avoir pénétré à l’intérieur des cavités, sources de grands frissons, souvent à l’insu des adultes, servant même parfois de rendez-vous amoureux.

Augustin Juanola, dit Pere Curt : « Je suis né en 1932 et quand j’allais à l’école ça fonctionnait. A midi on allait faire un tour, quand il n’y avait personne. On entrait par en bas, la galerie allait presque jusqu’à chez Dabouzy. Il y avait des rails pour les wagonnets, des outils. Les parois étaient en « guix », il n’y avait pas d’eau puisqu’elle était évacuée au fur et à mesure »

Dédée Mas : « Le bâtiment sur la photo renfermait des machines qui broyaient le plâtre. Il y avait des courroies, de grandes poulies. Beaucoup de femmes de Reynés y travaillaient. Au dessus poussaient des abricotiers.

 Marie-Thérèse Oliveras: « Mon papa, l’un des premiers reynésiens à avoir son permis, transportait le plâtre vers la plaine à La Tour bas Elne, chez Alabert la propriétaire. »

René Borrat : « En 1914 la carrière fonctionnait à plein temps. Malgré la qualité moyenne du gypse mêlé de silex et de quartz, le plâtre était envoyé sur le front pour construire des casemates. »

Les renseignements des uns et des autres permettent de brosser approximativement le fonctionnement de cette carrière. Il serait intéressant que les personnes ayant eu connaissance de l’exploitation de la « guixera » de Reynés fournissent de nouveaux détails qui viendraient étoffer son histoire et lui éviter de tomber dans l’oubli.bâtiment de l'exploitation en ruines (5).JPGMichel, Francine, Dédée devant le hangar de la Creueta abandonné.jpg

drain d'évacuation de l'eau.JPG

16/05/2017

Au temps des cerises, Josette s’en est allée

 

Josette Verdaguer est née en 1931 à Céret. A la fin de sa scolarité, à quatorze ans, elle apprend la couture chez Lucienne Cortie puis ouvre un petit salon de couture dont le succès est immédiat.

Elle rencontre René Borrat, le tonnelier, et c’est le coup de foudre réciproque et la naissance d’un amour intense qui durera toute leur vie.

Peu après leur mariage en 1952, Josette ferme sa boutique pour se consacrer à la tenue du ménage et surtout à la gestion de l’entreprise de tonnellerie de son époux qu’elle seconde admirablement.

La famille s’agrandit en 1956 avec leur fils Jean et plus tard deux petits-enfants Damien et Manon.

Soutien indéfectible de René, elle était à ses côtés, muse fidèle et compagne diligente dans une vie sociale si riche de travail, de relations amicales, d’écriture de livres, de conférences…

Dans le cadre chaleureux de leur maison à la vue splendide sur la plaine et le Canigó qu’elle aimait tant, René parle des nombreux voyages qui les ont menés, Josette et lui, aux quatre coins du monde.

De retour au pays, Reynés les accueillait, et Josette se plaisait beaucoup dans ce petit village, berceau de la famille Borrat.

Plus tard, Josette a pris en charge les « anciens » de la famille, se dévouant entièrement pour leur apporter soins et réconfort.

Toujours souriante et cordiale, elle aimait la vie, elle aimait les gens.

Coquette et très belle, elle avait une distinction toute en finesse et sa prestance naturelle irradiait.

Hélas, depuis quelques mois la terrible maladie a fait son œuvre et Josette s’est éteinte, tenant la main de René qu’elle laisse seul continuer le chemin et qui répond aux questions des innombrables amis, courageusement mais avec une tristesse infinie dans le regard: « Ça ira… » 

Cérémonie du 8 mai

8 mai 2017 (25).JPG

Cérémonie émouvante sous le soleil pour commémorer la fin de la seconde guerre mondiale.

En présence de Jean-François Dunyach, maire de Reynés, d’André Salgues président des Anciens Combattants, du corps des Sapeurs Pompiers de Céret, des élus et de la population, devant la flamme du souvenir, il a été procédé à la lecture des textes officiels.

La Médaille de la Fidélité à l’Association a été décernée à Marie-France Leballeur et Jean Mas, le Diplôme de la Reconnaissance pour son travail à Sandrine Manya, et le Diplôme de la Reconnaissance pour leur participation à Alizée Munoz et Julia Lavall, car « Il importe d’enseigner une culture de paix aux jeunes générations… ».

Après l’appel aux morts et le dépôt de gerbes, un apéritif convivial était offert par la mairie.