19/02/2018

Animation inhabituelle au Castell de Reynés

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Midi trente. Le vent se lève. L’inquiétude grandit ! Pourra-t-il venir ?

Enfin un ronronnement ténu enfle à l’horizon du Canigou, se précise, devient vrombissement et un hélicoptère rouge et blanc apparaît soudain par-dessus le toit de la mairie.

Après des cercles de rapace sur le village il amorce la descente et en stationnaire se pose délicatement sur le plateau tournant de la Crouette.

C’est un « écureuil » F-HCHB  de la société Héli Béarn conduit depuis Pamiers par le pilote Philippe Tisnes et Yann son assistant de vol. Ils sont spécialisés dans les portages en montagne sur secteurs inaccessibles. L’appareil peut lever jusqu’à une tonne deux de matériel.

La soute débarrassée des deux bidons de kérosène afin d’alléger l’hélicoptère, les fixations des paquetages sont vérifiées, des sangles solidement arrimées et les consignes données aux deux collègues qui veilleront au dépôt des charges.

Il s’agit pour l’heure de hisser au sommet de la colline du Castell les dix tonnes de matériel nécessaires aux travaux de mise en valeur du site des seigneurs de Cabrenç et de Beatriu de Rocaberti.

La muraille fragilisée par des racines de chênes devra être consolidée, les arbres seront dessouchés et les pierres replacées, le sentier d’accès sera aménagé et la sécurité assurée sur le promontoire.

Sacs de sable de huit cents kilos, chaux, éléments d’échafaudage, citerne d’eau, bétonnière  prennent alors la voie des airs au bout d’une élingue. La rapidité, la sûreté d’exécution et la précision des manœuvres sur l’aire étroite sommitale sont admirables. Une dizaine de rotations en quelques minutes et le tout est joué…

Après avoir fait le plein du réservoir, le pilote et son assistant remontent à bord et l’hélicoptère disparaît à l’horizon.

Olivier Perals est chef d’équipe à la société Acter- Axes-site de David Maso, pour la gestion de sites et monuments historiques et des travaux de construction spécialisés. Aidé de Jean-François, de Mimouni et du personnel communal, il va guider les opérations de restauration tandis qu’Etienne Roudier, Ingrid Dunyach  et Ghislain  Lauvernier continueront les fouilles archéologiques pleines de surprises.    Ce projet présenté par la municipalité de Reynés bénéficie d’un financement du programme INTERREG POCTEFA qui aide les actions de revalorisation du patrimoine historique, en lien avec le Pays d’Art et d’Histoire Transfrontalier. Un pas de plus vers la réhabilitation de ce lieu chargé d’histoire qui a vu  au fil du temps l’évolution de notre terre catalane.

17/02/2018

Ça bouge dans le commerce.

 

Affluence record dès 8 H 30 au nouveau magasin LIDL.

Michaël Doumenc, Responsable régional, se réjouit : « Après seulement quatorze semaines de chantier et le doublement du nombre d’emplois, l’ouverture est un grand succès."  

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16/02/2018

Le commerce à Reynés « fa temps ».

 

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Le magasin LIDL flambant neuf a ouvert ses portes à la satisfaction des clients de Reynés et du Vallespir. On y trouve de tout, légumes, laitages, vêtements et outillage…

Mais comment faisait-on avant ?

Les jeunes enfants de notre XXI° siècle ont du mal à imaginer les ménagères se rendant au mas Trilles ou au mas Pallares avec une marmite en fer blanc que la fermière remplissait du lait crémeux des vaches traites de bon matin. Michel, le fils du métayer du mas Casals, effectuait la livraison de lait avec un récipient de cinq ou six litres en allant à l’école. Fruits et légumes, de saison, bénéficiaient d’un circuit très court, achetés tout frais cueillis à la propriété ou sur les marchés de Céret ou d’Amélie.

Le restaurant-hôtel Can Fouste était tenu par « la Bise », femme de Richard Dejaule boulanger à Palalda qui distribuait le pain au village. L’établissement était toujours plein et pour cinq francs servait un délicieux repas.

La Bise gérait également l’épicerie du rez-de-chaussée. Elle possédait la licence pour vendre de l’alcool. On voyait quelquefois un groupe de femmes cassant des noisettes pour les tourons du célèbre pâtissier d’Arles sur Tech.

Une deuxième épicerie, Can Proche, était sise près du pont dans la maison achetée en 1834 par Laurent Madern pour installer une forge. Vers 1930 la maman de Gilberte Vergès tenait le magasin d’alimentation, une salle de café pour joueurs de cartes… et une cabine téléphonique. Elle recevait les télégrammes qu’elle distribuait aux destinataires. Tout près se trouvait la boulangerie de Justin Piquemal et de sa femme, la Fine Boulangère. Lui aussi faisait la tournée dans le village.

De l’autre côté de la route, au Syndicat Agricole, Etienne Carbasse vendait graines, engrais, produits de traitement divers. Berthe la postière à bicyclette proposait aussi du tabac et on pouvait se chausser chez le fabricant de chaussures en cuir, sandalettes ou pataugas.

Enfin le Pont de Reynés était doté d’une pompe à essence à main, fonctionnant à l’aide d’une manivelle, équipée de deux réservoirs en verre de cinq litres chacun. Quand l’un se vidait l’autre se remplissait.

Reynés village était à ce moment-là bien achalandé. Deux cafés équipés d’une salle de bal se partageaient la clientèle. Can  Erre, devenu Can Dagoust avec Marie-Jeanne Dabouzy qui tenait aussi magasin d’épicerie et local téléphonique et en face Can Xicou nommé plus tard Ca la Rosine quand les grands-parents d’Alain Bocabarteille ont pris la gérance en 1952.

A côté du presbytère la « Marie d’en Jules » vendait du tabac dans une pièce annexe accolée à la bâtisse.

Viande et charcuterie étaient fournies par les bêtes élevées dans presque toutes les maisons. Un porcher de la Bastide livrait des cochons dans les mas. Un autre maquignon, Dorque, négociant à Arles sur Tech, achetait des porcelets à Revel et les amenait à domicile ou sur la foire de Céret. S’ajoutaient des marchands ambulants,  un épicier, appelé marchand « brut » (sale) parce qu’il léchait le couteau après avoir coupé le fromage, un poissonnier qui venait chaque semaine avec une 403 bâchée équipée d’un haut-parleur et qui rameutait tous les chats du quartier. Il avait succédé à un confrère venant de Sainte-Marie-de-la-mer en mobylette. Un commerçant de la Loire livrait des vêtements de très bonne qualité, comme le pantalon Sanfort « qui ne rétrécit pas ». Un voyageur de commerce de Perpignan, Jean Cruchan, vendait dans une jardinière de la farine au détail ou par sacs de cent kilos. Il faut aussi mentionner le « pellerot », acheteur de chiffons et de peaux de lapins, chèvres, moutons, qui faisait peur aux enfants.  La succession des tenanciers de toutes ces boutiques a transformé le paysage, mais les souvenirs et témoignages des uns et des autres, Prosper Madern, René Borrat, Josette Galy, Marcel Arnaudiès, André Paraire, Christian Sola…sont toujours vivaces, et révèlent un mode de vie complètement différent et pourtant pas si lointain que ça.