25/03/2018

Clément et l’étoile du Berger

Clément et Inamodia à Prats de Mollo.jpg

Décembre 1993 à Banat, hameau du Tech. Un petit veau vient de naître. Son destin tragique le prive de sa mère, le voilà orphelin. Pour l’éleveur de bovins Jean-Lou Coll, sauver le petit animal en le nourrissant au biberon est une évidence. Pendant ce temps, au Pont de Reynés, Simone, son épouse, attend un événement heureux et imminent. Le terme approchant, le veau est transféré  dans le jardin près de leur domicile, afin de pouvoir prendre soin de lui en attendant la naissance. Et le 13 décembre, le petit Clément voit le jour.

L’étoile du Berger a-t-elle brillé sur le berceau lors de cette nuit sombre de nouvelle lune?

Après une scolarité à la suite de sa grande sœur Marie-Laure à l’école du Pont de Reynés et au collège de Céret, il entre au Lycée agricole de Pamiers puis de Marvejols.

Son apprentissage au Centre de Formation de la Chambre d’Agriculture de Rodez, alternant cours théoriques et travail sur le terrain chez un patron en Aveyron lui permet d’obtenir le Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole.

Pour se diversifier et se former dans un autre domaine, il passe le Brevet Professionnel de Travaux Forestiers au Lycée Professionnel Le Mas Blanc de Bourg-Madame et trouve un emploi à l’ONF de Prats de Mollo dans la vallée de la Coumelade qu’il connaît comme sa poche pour l’avoir arpentée avec son père dans son enfance. C’est bien cette expérience sur les pas de Jean-Lou qui va orienter Clément vers un choix définitif. Sa décision est prise : il sera éleveur.

L’opportunité d’une exploitation à reprendre en Ariège s’étant présentée, il décide de fusionner en GAEC avec l’élevage de Banat. Clément devient officiellement éleveur le 13 décembre 2017, jour anniversaire de sa naissance. L’étoile du berceau était bien celle du Berger… Son rêve enfin réalisé, il continue, pour perfectionner ses compétences, à participer à des stages sur la génétique ou sur les méthodes de dressage pour troupeaux dociles…

Sa compagne Mélanie ayant épousé sa passion, c’est souvent ensemble qu’ils se rendent auprès des cent trente huit bêtes de race Aubrac, rustique, bien adaptée à la montagne, réparties sur les deux exploitations.

Le salon de l’Agriculture a fermé ses portes. Clément n’a pas eu besoin de monter à Paris pour voir sa vache fétiche, Inamodia, primée à trois reprises au concours de Vinça. En 2015 elle remporte le premier prix des génisses de deux ans, en de2016 elle finit deuxième des vaches primipare de moins de cinq ans avec son veau et en 2017 elle se classe première des vaches de moins de cinq ans. Belle récompense pour ce jeune exploitant, adepte de l’agriculture biologique, heureux de garder vivante la terre de ces ancêtres, de valoriser un terroir et de vivre de la vente de ses produits. Nul doute que Clément s’inscrira au prochain concours de Vinça les 28 et 29 avril 2018.

24/03/2018

Travaux d’embellissement sur les routes du village

pont de Can Borrell 27 fév 2018(2).JPG

La société Vallespir Construction continue à œuvrer à Reynés pour des travaux financés par le Conseil Départemental.

Après le renforcement du pont de Can Borrell avec  des croix de chaînage et des clés de tirant, c’est le parapet en pierres qui a été réaménagé. Faisant suite à la rambarde en fer, il a été rehaussé, injecté de coulis de ciment et les fondations du mur de base consolidées avec du béton armé. De quoi sécuriser le virage qui a vu un accident spectaculaire voici une vingtaine d’années. Descendant de Reynés, une voiture était passée entre le pylône électrique et la bordure du pont pour atterrir quelques mètres plus bas, sur les quatre roues, dans le lit de la rivière. Plus de peur que de mal, heureusement, le conducteur et son passager endormi étant sortis indemnes de leur plongeon…

23/03/2018

De la Ballera au Tibet, le violoncelle de François

François Ragot - Copie.jpg

Dans le petit hameau de la Ballera les notes cristallines de la rivière du même nom se mêlent aux accents mélodieux du violoncelle de François Ragot. Havre de paix, la maison familiale est l’endroit idéal pour préparer les concerts que l’artiste présente dans le monde entier.

La carrière de François, né à Saint-Girons en 1967, prend racine dans le milieu familial puisque son grand-père Lucien-André était luthier à Céret où une placette porte d’ailleurs son nom. Premier prix du meilleur artisan en France en 1930, il transmet sa vocation à son fils, portant le même prénom. La musique était donc un élément majeur dans la vie de François bercée par les accents des archets glissant sur les cordes.

Après des études musicales au Conservatoire de Perpignan, il se perfectionne à Paris puis au Royal College of Music de Londres.

« Carte blanche » aux jeunes talents

Installé en Catalogne depuis 1995, il créé les formations transfrontalières « Mare Nostrum Musicae », dont il est le Directeur Artistique et depuis octobre 2011, il dirige l’Orchestre Symphonique Régional de Canet en Roussillon. Professeur au Conservatoire "Isaac Albeniz" de Girona et à l'Ecole de Musique de Saint-Cyprien, il s’attache à promouvoir de nouveaux talents en organisant des concerts de qualité, permettant ainsi la mise en valeur des jeunes concertistes.

Promouvoir la catalanité

Son parcours de musicien talentueux mène François aux quatre coins de la planète. Moscou, New-York, Asie, Angleterre où il rencontre le prince Charles en 1994. Un voyage au printemps 2017 a conduit la délégation française en Chine et au Tibet et les musiciens de Mare Nostrum accompagnés du chœur formé pour l'occasion ont eu l’honneur de jouer à la messe de Pâques dans la cathédrale de Shanghai devant plus de 2500 personnes. Ambassadeur de la catalanité autour du monde, François interprète entre autres « El Cant dels Ocells », chanson traditionnelle emblématique, symbole de paix et de liberté en Catalogne, repris quelquefois par les chanteurs du pays d’accueil, en catalan.

Les prochains voyages sont prévus en novembre 2018 à destination du Japon et pour Pâques 2019 au Vietnam.

Une âme passionnée

François et la musique, François et le violoncelle, l’osmose est parfaite, il fait corps avec son instrument et ses doigts légers frémissant sur les cordes, les yeux clos, le virtuose transmet à son public l’allégresse de Vivaldi, la magie de Tchaïkovski, le charme mélancolique ou l’humour de Saint-Saëns, période romantique qu’il affectionne. Son talent, uni à la grâce et l’élégance de l'altiste Fanny Kobus, sa compagne, se révèle au fil des concerts. Le petit Louis, quatre ans, hésite entre l’alto de maman et le violoncelle de papa, mais d’après François le geste spontané du petit garçon s’apparente plutôt à la tenue d’un violoncelle… L’avenir est donc assuré pour cette famille de musiciens depuis plusieurs générations et la Ballera peut continuer de jouer sa partition près de la demeure de François Ragot.