25/10/2017

A Marseille une baleine, à Reynés un camion

 

camion coincé 23 oct 2017.jpg

16 H route du Vilar à Reynés. Un camion de transport s’engage sur le pont étroit qui surplombe la petite rivière de la Palmère. Surpris par la courbe brutale du virage et l’étroitesse de la chaussée,  le conducteur heurte le tablier du pont avec une roue arrière. Dans une énorme détonation, « comme un coup de fusil »,  le pneu explose et l’essieu se brise. Le camion est immobilisé, empêchant les véhicules de circuler. Les chauffeurs bloqués examinent la situation, discutent, évaluent les chances de résolution, grognent. Comment rejoindre la Ribera Ample ou Taillet, rentrer chez soi ou sortir du Vilar ? Le détour possible par Amélie ou Oms n’est pas une mince affaire…  Des employés de l’Equipement accourus cherchent une solution, mais le temps passe et la nuit tombe. Guidé par les personnes présentes, le chauffeur essaie de dégager la voie mais il peut difficilement manœuvrer, le train arrière étant en travers. Il recule pourtant et les voitures peuvent se glisser dans le petit espace libéré. Vers 22 H enfin, un engin de remorquage transborde le camion accidenté. La voie est libre… Le port…non, le pont est à nouveau praticable.  

Fête au village

Collet et vide grenier Reynés 22 oct 2017 avec Nyssa Pons (12).JPG       vide grenier castanyada 22 oct 2017 (2).JPG

 

Journée intense à Reynés en ce dimanche d’automne. Après la balade botanique et géologique sur les hauteurs du village les promeneurs ont pu chiner dans le vide grenier organisé par l’association « La Récré » au profit des écoles de Reynés. L’éventail des objets proposés est si vaste que chacun peut y dénicher la pépite qui fera son bonheur. Le stand de restauration avec frites saucisses et boissons a fait recette, de quoi augmenter la cagnotte et faciliter les divers projets initiés par les enseignants des écoles.  L’énorme tas de compost déposé au village par la CCV et distribué gratuitement a bien diminué, chacun pouvant remplir seaux, comportes, grands sacs poubelle mis à disposition ou autres contenants en fonction des besoins. La distribution sera prolongée les jours suivants jusqu’à épuisement du stock. Les animations se sont prolongées durant l’après-midi avec l’accueil des nouveaux arrivants qui ont pu découvrir les richesses du village élu à travers le diaporama projeté en boucle, mais aussi plonger dans le passé reynésien grâce aux photos en noir et blanc de Jean Mas et s’intéresser à l’expo du CAUE 66 sur les « horts » et jardins. L’association « Bailando » a présenté quelques sévillanes tandis que grillaient les châtaignes de Jalna. Accompagnée de « vi nou » offert par la mairie, la castanyada clôturait dans la tradition cette journée festive au village que les amateurs ont poursuivie en compagnie de Franz Schubert à la chapelle Saint-Paul.  

24/10/2017

Espinavell, le dernier voyage

 

Robert Crémadeils est né à Perpignan le 19 août 1955 au foyer d’Annie et de Raymond Crémadeils employés à la papèterie d’Amélie les Bains. Son enfance fut partagée entre leur domicile de Can Day et la maison des grands-parents à Céret où Robert s’installera des années plus tard.

Après son apprentissage de menuisier il travailla dans des entreprises d’Elne, avant de reprendre  l’atelier de Joseph Payrot rue de la Fusterie à Céret.

De son mariage avec Thérèse Borreil naîtra Jérôme qui choisit lui aussi le travail du bois, guidé naturellement par son père.

Robert était une « force de la nature » capable de manipuler seul les lourds plateaux de chêne nécessaires à son ouvrage.

D’un caractère entier, il avait son franc parler et ses jugements étaient souvent sans appel, mais il ne souffrait ni l’hypocrisie ni la compromission.

Il mettait de la passion dans tout ce qu’il entreprenait, surmontant tous les obstacles, tous les défis pour arriver à la perfection, et avait acquis la confiance absolue de tous ses clients.

Très sociable, curieux de tout, il pouvait mener une discussion quel que soit son interlocuteur, ses connaissances lui permettant des avis éclairés sur des sujets divers, avec toujours le mot pour rire.

Inconditionnel de corridas, il était de toutes les férias dans le midi, où il menait bon train, restant sobre le reste du temps.

Ancien chasseur, amoureux de la nature, elle n’avait pas de secret pour lui. Plantes, oiseaux, animaux de la campagne, territoires du Vallespir, il connaissait tout et aimait partager son savoir. Profondément catalan, il s’intéressait aux traditions anciennes, aux métiers disparus et aux vieux outils qu’il chinait dans les vide-grenier et les foires artisanales. Il était très fier de sa collection de cloches, unique, que les passants admiraient.

Ayant acquis la propriété de Jacques Barot sur la colline du Ventous à Reynés, il en fit le domaine de sa jument Fany, de Milord et de Mistral le poulain. Il y installa ensuite des abeilles, sa nouvelle passion. Devenu apiculteur, il fabriquait lui-même ses ruches et assurait la vente du miel à l’atelier.

Avant de succomber, malgré sa résistance, à la terrible maladie que chacun redoute, il a tenu à se rendre, comme chaque année, à la Tria d’Espinavell avec son fils. Cela aura été son dernier bonheur.