24/05/2017

Artistes de Reynés à l’honneur.

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Les Irrmann’s Michou et Gaby de l’Atelier Can’Art ont été sélectionnés pour exposer leurs créations au Festival « Singulièrement Vôtre » à Montpellier du jeudi 25 au dimanche 28 mai 2017. Cette exposition est l’expression de leur tout dernier travail qui correspond à des critères bien particuliers alliant singularité, originalité et nouveauté.

La sixième édition d’un festival haut en couleurs initié en 2012 présentera durant quatre jours plus de quarante artistes « singulièrement pluriels », autodidactes ou « savants », venus livrer leurs univers sincères et libres, avec authenticité et humanité. Peintres, sculpteurs, dessinateurs et plasticiens auront l'occasion de rencontrer le public au fil d'expositions, de spectacles, concerts, performances et ateliers, qui se dérouleront à la Maison pour tous Frédéric-Chopin.

Site du festival : festivalsingulièrementvôtre@fsv montpellier  

Atelier de vannerie

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Les réflexions fusent sous les micocouliers de la place de la mairie.

« Oh ! Ce n’est pas facile ! » s’exclame Joëlle qui avoue ne pas être manuelle.

« Là, je ne sais plus, je suis bloquée » soupire Odile « J’attends le chef. »

Céline se « fait des nœuds ». Emma a cassé les brins. Nicole hésite, avec Caroline elles préfèrent attendre elles aussi Laurent de Quillan venu partager sa passion avec les novices qu’il aide à tour de rôle. Cathy : « Les consignes sont simples mais quand on le fait, c’est dur ! ».

Pour ces neuf élèves, c’est la première fois. Ils se sont lancés dans l’aventure du tressage, avec une grande motivation, espérant réaliser avec succès leur corbeille en osier. Le matériau brut a subi un trempage de plusieurs jours afin d’être facilement malléable.

Sur une base de départ, croisillon formé de six branches, les brins d’osier vont être tressés selon une technique bien précise utilisant tous les doigts des deux mains. Le « soleil » qui deviendra le fond de la corbeille prend forme, encourageant les élèves qui reprennent confiance.

Dans la salle des fêtes, un autre groupe, les « pros », se lancent dans la confection d’un panier à tarte, travail plus élaboré, guidés par Jean-Marie venu du Gard, utilisant sécateur, poinçon, batte, serpette, couteau, pince. « Ce qui compte, c’est que la tarte soit bonne ! »

Dans le fond, une exposition de photos de Françoise Gérardin présente les différents végétaux d’ici que l’on peut traiter en vannerie. Outre l’osier et le châtaignier, on trouve le saule, la clématite, la ronce, le liber de tilleul, la massette, la pervenche, le coudrier, le jonc, la canne de Provence, le cornouiller, le chèvrefeuille, matériaux insolites qui donnent aux réalisations de belles teintes variées et originales, de quoi laisser libre cours aux créations. 

22/05/2017

La guixera de la Colomina, carrière de gypse de Reynés

 

L’apparition soudaine du gouffre de Reynés a interpelé nombre de Reynésiens et de nombreux témoignages ont donné vie à une période importante et pourtant méconnue de l’histoire du village : l’exploitation de gypse.

Historique.

Une première exploitation a existé à l’Ouest du Castell, rive gauche de la rivière. La seconde, plus récente, est celle de la Colomina, sous la mairie. Cette « guixera », carrière de gypse avait été abandonnée puis ré-ouverte avant d’être définitivement fermée en 1948, après l’écroulement de l’appareil.

Géologie

Ce site appartient au synclinal d’Amélie les Bains, encadré par deux zones de failles marquées par la présence de lentilles de marnes gypsifères du Trias.

Le gypse de Reynés présente une teinte générale gris cendré, sillonnée de veinules blanches de gypse fibreux. Le quartz cristallisé en prismes hexagonaux terminés par des pyramides y est abondant. C’est donc là que l’on trouve les fameuses « pedretes de sant Vicens »

Fabrication du plâtre

Le gypse extrait était concassé, cuit dans des fours en briques à 160°, broyé et transporté en camion jusqu’à la maisonnette de la gare de Céret, où les sacs de plâtre étaient expédiés par le train.

Les aménagements

L’exploitation se composait d’une grande salle d’où partaient trois galeries principales.

René Francescatti précise : « L’extraction dans les couches épaisses de gypse horizontales à dix mètres de profondeur se faisait en « chambres et piliers », méthode qui demandait une certaine rigueur pour éviter les effondrements, la convoitise prenant parfois le pas sur la prudence. »

On entrait dans la mine par un plan très incliné où circulait sur des rails un wagonnet à crémaillère tiré par un treuil. L’écoulement de l’eau se faisait par un drain en pierres qui existe toujours et coule sans cesse dans la rivière. Seuls subsistent quelques vestiges, complètement recouverts de végétation telle une vieille bâtisse en ruines où vivait un ouvrier espagnol, Barnabé.

Marie de can Vicensou se souvient : « Sa femme, Espéranza chantait toujours. Ils avaient une petite fille qui n’allait pas à l’école. Le sol de la maison était en terre battue, le mobilier sommaire. »

Témoignages

Les personnes ayant travaillé à la plâtrière ne sont plus de ce monde. Ce sont leurs descendants qui témoignent de cette activité pourvoyeuse d’emplois locaux.

Ils sont nombreux à avoir pénétré à l’intérieur des cavités, sources de grands frissons, souvent à l’insu des adultes, servant même parfois de rendez-vous amoureux.

Augustin Juanola, dit Pere Curt : « Je suis né en 1932 et quand j’allais à l’école ça fonctionnait. A midi on allait faire un tour, quand il n’y avait personne. On entrait par en bas, la galerie allait presque jusqu’à chez Dabouzy. Il y avait des rails pour les wagonnets, des outils. Les parois étaient en « guix », il n’y avait pas d’eau puisqu’elle était évacuée au fur et à mesure »

Dédée Mas : « Le bâtiment sur la photo renfermait des machines qui broyaient le plâtre. Il y avait des courroies, de grandes poulies. Beaucoup de femmes de Reynés y travaillaient. Au dessus poussaient des abricotiers.

 Marie-Thérèse Oliveras: « Mon papa, l’un des premiers reynésiens à avoir son permis, transportait le plâtre vers la plaine à La Tour bas Elne, chez Alabert la propriétaire. »

René Borrat : « En 1914 la carrière fonctionnait à plein temps. Malgré la qualité moyenne du gypse mêlé de silex et de quartz, le plâtre était envoyé sur le front pour construire des casemates. »

Les renseignements des uns et des autres permettent de brosser approximativement le fonctionnement de cette carrière. Il serait intéressant que les personnes ayant eu connaissance de l’exploitation de la « guixera » de Reynés fournissent de nouveaux détails qui viendraient étoffer son histoire et lui éviter de tomber dans l’oubli.bâtiment de l'exploitation en ruines (5).JPGMichel, Francine, Dédée devant le hangar de la Creueta abandonné.jpg

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