09/04/2017

Les cloches sont de retour !

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Elles étaient parties avant  Noël et les voilà revenues pour Pâques.

La petite, 120 kg et la grande, 350 kg, s’étaient envolées non pour Rome mais pour Gigean où la société CAMPANA- Montpellier leur a refait une beauté, sur les directives de Bruno Morin, architecte du Patrimoine. Pas de peeling aux grains de sable, juste une toilette à l’eau claire.

Toutes belles, elles ont réintégré le clocher de l’église Saint-Marie du Vilar, devenue en quelques semaines un vrai joyau. La restauration extérieure est une réussite et la façade lumineuse sera un écrin de rêve pour les deux cloches.

La plus petite est la plus ancienne puisqu’elle a été fondue à Perpignan par Raymond Cribailler en 1849. Elle a pour parrain Laurent Llobera et pour marraine Marie Gaspar épouse Janer.

La plus grande a été fabriquée en 1937 par le fondeur Paccard d’Annecy. D’après les inscriptions gravées en relief sur les parois, elle est dédiée à « la Très Sainte Vierge Marie », et se nomme « Thérèse Alexandrine en souvenir de Thérèse Roustang Dame Fillee », le généreux donateur qui fit cadeau de la cloche à la paroisse du Vilar. Julienne Deromaigne et Jean Roigt furent marraine et parrain. Le curé Puy, de Reynés, procéda au baptême, le 15 août 1937. Thérèse Puig avait neuf ans à cette époque. Elle se souvient d’une foule impressionnante et de la distribution de bonbons qui suivit la bénédiction.

Trois techniciens, Emmanuel, Vincent et Jérôme, véritables funambules évoluant comme en apesanteur, ont eu la tâche délicate de les replacer dans leurs niches.

La petite, bien sanglée, a été montée à la main par l’escalier d’accès au clocher.

La levée de la plus lourde a nécessité tout un appareillage de chaînes fixées à un rail IPM installé sous le mur du clocher, de cordes, palans, poulies, et surtout une attention et une précision indispensables pour mener à bien la manœuvre. Un technicien actionnait les chaînes tandis que les deux autres maintenaient fermement la cloche à l’aide de cordes tendues.

Suspendue dans les airs, l’ascension en douceur l’a ramenée dans sa niche d’origine après une halte sur l’escalier en pierre.

Les anciens supports en fer ont été remplacés par des jougs en chêne traités à l’essence de térébenthine et huile de lin, façonnés à la main sur mesure, creusés d’encoches pour recevoir les « oreilles » des cloches fixées par des brides en fer couvertes de rouillant, de neutralisant et d’une couche de vernis.

Les battants en acier doux replacés et les cordes glissées dans les tuyaux prévus à cet effet vont permettre de sonner les cloches depuis la tribune de l’église.

Quelques finitions et ces belles pourront carillonner et faire entendre leurs notes que Jean-Paul le musicien a déterminées avec son violon, sachant que le diapason de l’époque n’avait pas la même fréquence : MI et DO pour les notes principales, mâtinées d’harmoniques par les vibrations et la résonnance.

Depuis leur belvédère à la vue panoramique sur les montagnes du Vallespir, les deux cloches sont maintenant prêtes pour sonner fêtes, célébrations et angélus durant de longues années.

De l’art roman à l’art gothique, avec Reynés Patrimoine Culturel

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Henri Loreto, ancien conservateur des antiquités et objets d’art, en bon pédagogue, a révélé à un public nombreux les arcanes de la filiation entre l’art roman et l’art gothique, la transition qui mûrit progressivement durant de longues années pour arriver à l’éclosion de joyaux incomparables, tels la cathédrale Saint-Jean de Perpignan, celle de Strasbourg ou l’église de Castelló d’Empùries en Catalogne Sud.

Depuis les grandes salles des basiliques romaines avec chœur cintré et entrées multiples, forums où se traitaient les affaires et la justice, jusqu’au foisonnement de statuaires, colonnes, enluminures, retables ciselés dans des espaces aériens et lumineux, des siècles se sont succédés. 

La grande nouveauté de l’architecture à la fin du XI° siècle étant l’invention de la « voûte d’arêtes, une croisée destinée à mieux renvoyer les forces sur les murs latéraux », de grandes fenêtres sont alors ouvertes. « La lumière a vaincu la pierre ». Passant à travers les scènes sacrées des vitraux, elle baigne l’espace purifié. Les constructions s’élèvent, étayées de contreforts utiles mais décoratifs. Alors que l’artiste roman fuyait la réalité, le réalisme s’installe avec une gestuelle, des détails  précis, la nature étant source d’inspiration. Le célébrant tourne le dos aux fidèles et les retables s’agrandissent et s’ornementent.

La conquête de la lumière se retrouve également en musique et en littérature, tandis qu’apparaissent d’importantes mutations sociales, politiques et religieuses.  Le 13° siècle voit la formation de grands états avec un pouvoir royal affirmé. L’art est alors au service de la couronne.  Une classe nouvelle apparaît, la bourgeoisie, qui développe le commerce entre les régions et  intervient dans l’art religieux. A Arles sur Tech, la confrérie des charcutiers organise des ventes aux enchères pour financer la restauration de l’abbaye. Les particularités régionales et les influences diverses font la diversité de l’art gothique, apparu  dans le département à la fin du 13° siècle. Henri Loreto nous a offert ainsi un voyage dans l’art et dans l’histoire que ses auditeurs ont prolongé par des commentaires sur la durée de construction des cathédrales ou le style architectural de la Sagrada Familia de Barcelone.  

Premier avril. Le Cephalanthera Longifolia s’est-il trompé de date ?

 

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Ce muguet des bois n’a pas attendu pour offrir ses fleurs blanches en forme de clochettes dressées. De la famille des orchidées, aux feuilles alternes bien développées le long de la tige, au pollen pulvérulent, c’est une plante de lisières, sols frais ou forêts sèches, souvent calcicoles, aimant l’ombre et le sous-bois. Il pousse souvent en touffes et mesure de 20 à 60 cm. Il en existe quatorze espèces, présentes dans presque toute la France à l’exception de certains départements bretons ou normands.

Celui-ci a choisi la colline du Ventous pour étaler ses inflorescences d’une vingtaine de clochettes odorantes d’un blanc pur sur un talus herbeux au pied des chênes verts où d’autres sont prêts à éclore…