24/01/2018

La chapelle Saint-Paul à l’honneur ce dimanche

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Dans quelques jours aura lieu la fête de la Saint-Paul à la chapelle du même nom. Cet ancien ermitage est cité pour la première fois en 1146 dans un acte situant trois bordes (métairies) sous le nom de « loco vocato a Sant-Pau » (lieu voué à Saint-Paul). On le retrouve en 1628 sous celui de « Sant-Pau y lo vilar » (Saint-Paul et le village), cette dénomination faisant penser qu’il s’agissait d’un groupe d’habitations, une sorte de petite communauté indépendante de Reynés.

De nombreuses modifications La chapelle primitive du XI° siècle, au chevet trapézoïdal était orientée ouest-est.   

Au XV° siècle la seigneurie de Saint-Paul échoit à la famille de Rocaberti, seigneurs de Reynés, descendants de Béatrix de Cabrenç.

L’édifice fut entièrement modifié au XVII° siècle, comme l’indique une pierre trouvée dans un des murs, entre 1686 et 1689, sous le règne de Louis XIV, avec une orientation nord sud, l’agrandissement  de sa nef et l’ajout d’un clocher, de deux transepts, la construction d’un nouveau chœur et de la sacristie.  Jusqu’à la Révolution Française qui le ferma, ce lieu fut occupé par des ermites. Les prêtres de Céret continuèrent ensuite à pratique le culte à Reynés et, dans les temps anciens, Saint-Paul était invoqué pour guérir les maladies de peau.

La plantation d’oliviers plusieurs fois centenaires occupe certainement l’emplacement de l’ancien cimetière.

La façade de l’édifice fut restaurée en 1905.

Propriété de la famille Falguère-Xiffre, la chapelle fut acquise en 1985 par la Municipalité de Reynés qui en assura la restauration.  Il ne reste de l’ancien édifice que l’abside englobée dans le logement de l’ermite, un buste reliquaire de Saint-Paul, le maître-autel du XVIII° siècle et un bénitier en pierre non daté. Le bas-relief en bois du Christ et des apôtres, du XVII° siècle, classé monument historique, très abîmé, se trouve actuellement dans l’église Saint-Vincent à Reynés Village.

De nos jours La chapelle Saint-Paul est dénommée « Sant-Pau dels Envistadors » pour les promesses de mariage qui s’y échangeaient ou « Sant-Pau de les botifarres » car c’est la période où on tue le cochon et les pèlerins avaient  coutume d’y faire griller des boudins.

La fête a toujours eu lieu le dernier dimanche de janvier. Elle se déroulait dans les jardins du domaine Saint-Paul embaumés de mimosa et c’était l’occasion de danses populaires, de vente de boissons, de chouchous et pommes caramélisées, de promenades champêtres dans le parc ombragé, autour du petit lac où nageaient des cygnes. La passerelle sur le Tech n’existant plus, de nombreux cérétans empruntent le chemin de Riu Cerda pour se rendre à la fête.

Organisée de longues années par le Foment de la sardane de Céret, c’est maintenant le Comité de Jumelage Reynés-Maçanet de Cabrenys qui la prend en charge, cette année le dimanche 28 janvier.  

22/01/2018

Moteur…On tourne…Action ! Retour sur le tournage du film.

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Alors que les épisodes de la série télévisée « Les Innocents » de Frédéric Berthe se succèdent sur nos écrans, les reynésiens sont attentifs à reconnaître les lieux familiers dans la région et en particulier à Reynés.

Jeudi dernier dans les premiers épisodes c’était le Pont en fer qui était à l’honneur et Odile Vuillemin devait frissonner sous sa chemise en manches courtes, tandis que des trombes d’eau s’abattaient à l’extérieur au moment du tournage.

Ce jeudi c’était la maison de Marcelle Delbergue aux Mas de Saint-Paul qui servait de décor au scénario, une fête nocturne organisée par des jeunes autour de la piscine.

Marcelle se dit « enchantée d’avoir vécu cette expérience et ne le regrette pas. » Elle raconte : « J’avais remarqué une voiture qui tournait dans le quartier et les occupants qui observaient les maisons. Et c’est la mienne qui a été choisie, en raison de sa situation, sa configuration, l’escalier menant à la piscine et la petite entrée secondaire dans la ruelle en angle. Ils m’ont expliqué qu’ils allaient tourner une série policière et avec mon accord ils en ont référé au réalisateur. Quelques temps plus tard ils sont revenus et nous avons signé un contrat en bonne et due forme ».

Elle se rappelle : «  Le jour du tournage la maison a été transformée, spots lumineux, guirlandes d’ampoules colorées, arbustes illuminés, lampes clignotantes derrière les fenêtres pour simuler la fête à l’intérieur… Le tournage a commencé à la tombée de la nuit et s’est prolongé jusqu’à quatre heures du matin. Une trentaine de jeunes, certains de Reynés, garçons en jeans et jeunes filles en tenue de soirée mettaient une sacrée ambiance, plongeant dans la piscine, dansant sur la terrasse, buvant… L’arrosage automatique que j’avais oublié d’arrêter s’est mis en marche, causant une petite panique…

L’équipe a été très sympa, ils sont venus me chercher pour manger avec eux sous le chapiteau.

Je ne pensais pas qu’il y ait autant de travail, des scènes répétées plusieurs fois,  pour si peu de temps de passage dans le film… »

La maison a retrouvé son calme mais  nul doute que cette réalisation fera partie des bons moments de la vie de Marcelle Delbergue qu’elle évoquera avec beaucoup de plaisir

21/01/2018

« Les derniers ours : une histoire des Fêtes de l’Ours », de Oriol Luis Gual

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La conférence initiée par l’association Reynés Patrimoine Culturel s’ouvrait sur un film d’anthologie tiré des archives paysannes montrant la fête de l’ours à Prats de Mollo aux prémices du siècle dernier. C’était alors, Oriol Luis Gual le précise, « une époque sans touristes, une fête pour le village, par le village ». D’ailleurs de nombreuses communes du département avaient leur propre fête de l’ours. Subsistent à l’heure actuelle Arles sur Tech, la plus proche des textes anciens, Saint-Laurent de Cerdans et Prats de Mollo. Chacune a sa spécificité et la tradition a évolué, se colorant des touches particulières de personnages venant étoffer la symbolique de la fête, comme la Roseta à Arles, la Monaca, le Gamarús, la Tortuga, les Figueretes à Saint-Laurent, les trois ours et l’antre de la bête sur la place du village à Prats de Mollo, les peaux de moutons moins coûteuses que les véritables peaux d’ours comme celle de Saint-Laurent venue du Canada… Le nombre d’ours s’est multiplié, allant quelquefois jusqu’à huit…

La structure générale est cependant toujours la même. Outre la poursuite des jeunes filles puisque tel est l’objectif de l’ours venu d’un territoire des confins du village, les temps forts du cérémonial sont l’habillage de la bête et le grimage avec un mélange de vin, d’huile et de suie, et le rasage par le barbier afin que l’ours reprenne forme humaine. Le contrepas, danse masculine et la mélodie d’une musique du XV° siècle accompagnent les festivités.

Ces fêtes de l’Ours ne sont pas propres au Vallespir. Les pays catalans, Barcelone, Valls, La Mata, le Pays Basque organisent également des jeux d’ours. Hors d’Europe on retrouve des rituels ursins, en Amérique, au Japon, en Russie, mais elles n’ont rien de commun avec nos traditions.

La fête s’est vue parfois frappée d’interdit à l’arrivée du christianisme ou à la suite de fêtes entachées d’accidents mortels.

La place de cette tradition suivant l’évolution du calendrier est fluctuante : la Chandeleur, Carnaval, Mardi Gras. Mais quelle que soit la date, le mariage de l’ours avec la jeune fille donnera naissance à une nouvelle année.

Oriol Luis Gual travaille en étroite collaboration avec Robert Bosch, grand spécialiste des ours et même de « La Femme de l’Ours ». Une intervention en duo aura lieu le mardi 23 janvier à la librairie Torcatis où ils présenteront leurs ouvrages autour d’une projection et d’une exposition. 

09:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)