04/04/2018

Conférence sur les Mines en Pyrénées

Louis Auclair 17 mars 2018 (mines) (4).jpg

La dernière conférence de Reynés Patrimoine Culturel a été magistralement soutenue par Louis-Dominique Auclair, passionné d’histoire et en particulier celle des forges depuis la Protohistoire jusqu’au XIX° siècle.

Du cuivre du Néolithique aux ferrières romaines au col de la Cirere, une grande diversité de minéraux ont été exploités dans les Pyrénées, outre les hématites, le plomb souvent argentifère ou aurifère, le zinc, l’antimoine, ainsi que des pierres précieuses…

Les vestiges trouvés à Saint-Marsal, Vernet les Bains ou Ballestavy aident à comprendre  le fonctionnement des mines. La métallurgie antique serait née dans les Balkans avant de se diffuser grâce au commerce et au transport par mer.

Depuis l’utilisation de la poudre noire au XIV° siècle qui laisse les mineurs réticents, par crainte du danger,  face aux patrons en quête de rentabilité, de croissance  et de productivité, l’évolution des techniques d’exploitation s’est accélérée avec l’apparition du chemin de fer et les gisements de fer du Canigó ont perduré en déclinant jusqu’au XX° siècle (1987 pour Batère).

Louis Dominique Auclair dévoile tout un vocabulaire spécifique concernant les gisements, roches encaissantes, tailles, pendages (inclinaison du filon), pointerolle (petit pic de mineur), exhaure (technique d’évacuation des eaux)…

Il cite en exemple la mine de fer de Rancié à Vicdessos en Ariège, la plus importante exploitation de fer des Pyrénées françaises, et son système d’administration. D’abord propriété collective et indivise des habitants depuis des millénaires et régie par les Chartes des Comtes de Foix, ce sont ensuite les consuls, riches bourgeois de la vallée qui désignent des « jurats » assermentés dirigeant l’exploitation, déterminant les travaux à effectuer et fixant les prix de vente du minerai.

Les mines évoluent au fil des temps, passant de l’extraction de surface au travail en profondeur. Des réflexions sont menées sur les méthodes d’évacuation des eaux, de l’air vicié, du transport du minerai sur un chariot spécial, le « chien de mine ».

Louis Dominique Auclair cite les « mines de l’impossible » comme celle de la Mail de Bulard, à 2450 m d’altitude, qui exploitait le zinc et la galène (plomb et argent), et employait 150 mineurs en 1910, les mieux payés des Pyrénées.

 Les conditions de vie des mineurs étaient épouvantables avec dix heures de travail par jour sans eau courante, nourriture infecte, couchage sur des planches couvertes de paille, exposés à des chutes mortelles sur les falaises et dans les galeries de plus en plus profondes qui ne dégèlent pas à cette altitude et malgré tout obligation de sortir 500 kg de minerai par jour et par homme.

La conférence s’est prolongée par une discussion animée entre Louis Dominique Auclair et le public sur les mines du pays catalan.     

17/11/2017

A l’ombre du cognassier de Chine

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Le village de Reynés recèle plus d’une surprise… Après le Parasol chinois ou l’Osmonde Royale, c’est une autre curiosité venue d’Asie que l’on rencontre rive gauche du Tech dans le quartier de Saint-Paul. Un arbre de dix mètres de haut, chargé de gros fruits oblongs jaune foncé très aromatiques. C’est le cognassier de Chine ou « chaenomeles sinensis » à la belle écorce brun foncé et aux feuilles simples, alternes, brillantes, qui se renouvellent totalement sous la poussée des nouveaux bourgeons et prennent de belles couleurs rouge orangé à l’automne. Les petites fleurs roses apparaissent au printemps et leur nectar est très apprécié des abeilles. Ses fruits comestibles demandent à être cuits avant d’être consommés en confiture car ils sont ligneux et astringents. Ses aromes le rendent propre à la confection de pots-pourris et il a en outre des propriétés médicinales puisqu’au Japon il entre dans la composition de sirops contre les maux de gorge tandis qu’en Corée il sert à traiter l’asthme et la tuberculose. L’espèce est quelquefois utilisée en bonsaï afin d'en faire une œuvre d’art esthétique ressemblant à l'arbre dans la nature. De la même famille que le buisson ardent aux « pommes » dont même les chevaux ne veulent pas, ce cognassier de Chine n’est pas très courant mais il en existe plusieurs exemplaires à Reynés et ses environs. Il suffit parfois d’ouvrir l’œil…

11/10/2017

« Cistells i Banates » à l’Eco-festival

fleur osier réalisée par Josep et Magda vanniers catalans Sud.JPG20170930_180003.jpg

Agir pour la Biodiversité, l’écologie au quotidien, tel était le thème choisi par Vallespir Terres Vivantes pour l’Eco-festival 2017 de Céret. Les panneaux d’exposition présentés par Françoise Gérardin de l’association reynésienne « Cistells i banastes » mettaient en valeur les végétaux du territoire et des objets réalisés avec ces mêmes plantes, suivant les fiches pratiques pour cueillir, préparer et tresser. Tel l’osier saule et ses diverses variétés locales présentes autour du lac de Saint-Jean et au bord du Tech (saule Marsault, saule blanc, saule à feuilles de romarin, saule du vannier). De même le tilleul dont on utilise le liber pour tresser des cordons, les ronces pour faire des liens d’assemblage de la vannerie spiralée, le châtaignier pour son écorce et son bois, la clématite, canne de Provence, jonc, iris des marais, tiges de pervenche, noisetier, cornouiller sanguin et tant d’autres, la paille de seigle, la molinie bleue, les tiges et feuilles d’asphodèle, le troène, le fragon, la lavande….. Après cet inventaire à la Prévert, il faut signaler que l’association organise des stages de vannerie tout au long de l’année pour se familiariser avec toutes ces espèces locales. On peut consulter le site « cistells i banastes » et s’inscrire à l’adresse mail : cistellsibanastes@gmail.com