04/08/2018

Taïwan, Philippines, Indonésie ? Non, Reynés en Vallespir

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Bien abritée par les rochers de la Ballera, les pieds dans l’eau, la bambouseraie du moulin offre un tableau dépaysant qui prospère et s’étoffe de jour en jour.

Cette graminée au port arborescent et aux tiges ligneuses formées d'un chaume généralement creux, peut atteindre huit mètres de haut.

Brouté par les dinosaures, salvateur pour les populations indiennes lors des famines, le bambou, plante à croissance très rapide, se développe sur presque tous les continents et se prête à de multiples usages, ornemental, alimentaire, musical (didjiridoo)…

Ceux de la Ballera présentent de jolies couleurs allant du jaune doré au bleu tendre céruléen en passant par toutes les nuances de vert.

A l’origine, pas de voyage en Inde ou en Amérique latine ! Deux reynésiens, Pierrot du mas Santol et son cousin Pierrot de can Jaume, ont « fauché » dans les années quarante du siècle dernier quelques rhizomes à La Conca, à Céret, en bordure du Tech, pour les planter près de chez eux. Ils se sont plu dans cet environnement protégé et ont proliféré pour le plus grand bonheur des amateurs de pousses de bambous qui trouvent là une source constante de production. Manisone, d’origine laotienne, en est une fervente cueilleuse. Francine, la sœur artiste de Pierrot, avec les écailles des surgeons et des tiges et boules de pavot,  réalisait de jolies fleurs décoratives qu’elle vendait dans sa boutique à Amélie les Bains.

Symbole de constance, de fidélité, de pureté et de droiture, le bambou a même sa Journée mondiale, instaurée le 18 septembre 2009 à Bangkok (Thaïlande) par le Département Royal des Forêts.  

13:45 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2018

Chemin de Reynés à Maçanet

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Le projet transfrontalier du cami de Reynés à Maçanet est en phase de finalisation. Une réunion s’est tenue à la mairie de Reynés afin d’harmoniser les études concernant la nature du territoire avec les différents partenaires de Catalogne Nord et Sud et s’entendre sur la signalisation conjointe qui sera définie sur les panneaux et le livret informatif de la randonnée transfrontalière. 

Montserrat Escudero avait invité Marcel Juanchich, botaniste reynésien et Denise Serra représentant son époux Jean-Jacques, chef de file de la matérialisation de l’itinéraire. Le GOR (Groupe Ornithologique du Roussillon) était présent avec son président Joseph Hiard et sa collaboratrice Sylvie Frankeur. La Catalogne Sud était représentée par Estel Turbau responsable du Service Technique à la mairie de Maçanet de Cabrenys et Xavier Soler, technicien supérieur en gestion forestière à la Cooperativa Gisfera, initiatrice de projets de développement durable, conservation de la Biodiversité et sensibilisation à l’environnement.

Ont été recensés les différentes variétés du couvert végétal, plantes et arbres, certaines endémiques, d’autres importées, ainsi que de la faune sauvage, mammifères, oiseaux, reptiles, insectes.

Quelques jours plus tard, Denise, Jean-Jacques, Xavier et son collègue Marcel, ont procédé à une observation sur le terrain, depuis la collada del Pou de gel (col du puits à glace) jusqu’au Roc de Frausa, pour bien définir tracé et variantes possibles ainsi que les points intéressants, (puits à neige, hêtres remarquables, antennes de télécommunications…).

Le chemin définitif se précise, et la rencontre avec un vieil australien en marche depuis Les Illes vers Montalba prouve que notre montagne est fréquentée par des randonneurs de tous pays qui apprécient à sa juste valeur la beauté de la nature et de cette magnifique forêt de hêtres que Xevi n’hésite pas à comparer à une cathédrale.

19/05/2018

Reynés Patrimoine Culturel à St Marti de La Roca

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Le splendide tapis de cistes mauves sur les contreforts des Aspres était un avant-goût  des trésors que la sortie botanique et géologique près de Camelas organisée par Reynés Patrimoine Culturel a révélés à la vingtaine de participants.

Jeanine Rodriguez, botaniste passionnée, est incollable sur les plantes, leurs vertus culinaires ou médicinales et leurs justes dosages.

L’Helichrysum stoechas (immortelle stoechas) dont l’huile guérit les cicatrices, le Calicotome spinosa (cytise épineux), « lardoir » à sauterelles pour la pie-grièche, le Bupleurum fruticosum (Buplèvre ligneux) ombellifère qui donne le meilleur des miels ou le Sorbus domestica (cormier) aux petites poires à manger blettes, choux et salades sauvages… les plantes n’ont pas de secret pour elle.

En osmose avec le terrain sur lequel elles poussent, certaines sont spécifiques des roches calcaires présentes sur la colline de Saint-Martin de La Roca, telle le Cneorum tricoccon (Camelée à trois coques) et Christian Sola, le géologue reynésien, explique, carte à l’appui, que le  roc Saint Martin est un sommet calcaire localisé dans les Aspres schisteuses primaires. Au-dessus des schistes et pélites de l'Ordovicien et du Silurien, affleurent les bancs de calcaires massifs et dolomies du Dévonien constituant le sommet de la colline sous forme de synclinaux perchés. Ces calcaires sont très riches en fossiles marins : des crinoïdes (de la famille des oursins et des étoiles de mer), dont on peut observer de magnifiques spécimens aux alentours de la chapelle Saint Martin.

Une ondée passagère rassemble les marcheurs dans la petite chapelle de style roman, transformée en ermitage au XVII° siècle, perchée sur ce piton d’où la vue est imprenable sur le Canigou chapeauté de nuages, le dessin découpé des Corbières et les sommets des Albères et du Vallespir noyés de pluie.

Le soleil revient pour savourer les surprises de fin de balade : un parterre de petites tulipes sang et or et une grotte, boyau étroit difficile d’accès et obturé par un éboulement.

Une matinée sympathique et instructive, avant la prochaine étape du programme de Reynés Patrimoine Culturel, un voyage à Pézenas dans l’Hérault le dimanche 3 juin 2018.